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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 15:00

Le marronnier, de son nom savant, Aesculus hippocastanum, est aussi appelé marronnier commun ou marronnier d'Inde ou marronnier blanc. Le mot "marron" signifierait caillou, celui-ci étant évoqué par le fruit lisse, rond, et dur de l'arbre, ainsi que sa couleur brune. Originaire de Grèce et d'Albanie, les premières graines du marronnier arrivèrent en France en 1576 et furent semées dans le jardin botanique de la faculté de médecine de Montpellier. Depuis, l'arbre s'est naturalisé dans toute l'Europe du Nord et l'Amérique du Nord. Il est devenu l'arbre d'ornement le plus planté dans les parcs et le long des avenues des grandes villes : il se prête très facilement à l'élagage, ce qui lui vaut son succès comme essence urbaine. Sa belle allure et ses magnifiques fleurs ont inspiré beaucoup d'artistes dont vous pourrez admirer les créations (peintures ou poèmes) ci-dessous.

 

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Le marronnier est un arbre de 20 à 30 mètres de haut, à port dressé, s'étalant avec l'âge. Sa croissance est rapide et sa frondaison massive. Ses feuilles, caduques et palmées, naissent de bourgeons poisseux et odorants. Le marronnier est facile à cultiver, il supporte tous les sols, le soleil ou la mi-ombre, la sècheresse et la pollution. Malheureusement depuis les années 2000, le marronnier commun est victime de deux fléaux dévastateurs étendus à l'ensemble de l'Europe : le chancre bactérien et la mineuse du marronnier. Le premier fléau fait mourir très rapidement l'arbre infecté (entre un et trois ans), d'autant plus si celui-ci a souffert du stress lié au milieu urbain (pollution et élagage). Le deuxième, la chenille responsable du brunissement et de la chute prématurée des feuilles dès le mois de juin, contribue à son affaiblissement et favorise de plus l'infection du chancre bactérien.

 

Marronnier-01.jpg

 

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Les fleurs du marronnier  ont adopté un système de protection très original, elles ont inventé en quelque sorte le "feu rouge" pour insecte. Blanches et regroupées sur de long épis dressés (thyrse), elles possèdent au fond de leurs corolles une petite tache jaune guidant les abeilles vers les organes reproducteurs. Ces taches virent au rouge dès que les fleurs sont fécondées. Insensibles à cette couleur, qu'elles confondent avec le noir, les abeilles délaissent ces fleurs et se dirigent vers celles qui sont encore jaunes.

 

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  Marronnier fleur

 

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La fleur qui fait le printemps

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d'où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d'argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d'hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l'aube arrose,
S'épanouit dans sa candeur.

La véronique s'aventure
Près des boutons d'or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d'enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d'éclore
Et d'éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poète dans ses douleurs,
Qu'avant de s'en aller, il voie
Vos feux d'artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d'été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d'or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d'argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j'ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d'attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l'âme et pour l'abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d'azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

Théophile GAUTIER   (1811-1872)

 

Marronnier-a-fleurs-roses.jpg

  Marronnier-fleur-rose.jpg

 

Une espèce a été mise au point uniquement pour le confort de l'homme : pour éviter que les bogues épineuses des marronniers ne blessent les pieds des promeneurs et n'intoxiquent les enfants imprudents, dans les parcs ou le long des avenues, l'espèce sauvage est de plus en plus remplacée par un hybride à fleurs compètement roses ou rouges (Aesculus x carnea) qui, du fait de leur couleur, ne sont jamais pollinisées par les abeilles et ne donnent donc jamais de fruits.

 

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Pour empêcher les animaux affamés de manger leurs graines, beaucoup d'arbres ont des fruits couverts d'épines, comme ceux des marronniers et des châtaigniers. Ces deux arbres sont souvent confondus en raison de la ressemblance de leurs fruits, mais aussi du nom qu'il leur a été donné. Les "marrons" sont à la fois les fruits du marronnier et une variété de châtaignes. Si les châtaignes sont délicieuses, les marrons sont hautement toxiques, surtout s'ils sont ingérés frais. Ils provoquent des vomissements et des maux de tête. Si, malgré leur goût amer, on persiste à en consommer, l'empoisonnement devient très dangereux, voire mortel. Pourtant, ce sont les mêmes marrons qui fournissent l'extrait de marron d'Inde, un des médicaments les plus efficaces contre les hémorroïdes. 

 

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Il fera longtemps clair ce soir

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...

Les marronniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

Anna de NOAILLES   (1876-1933)

 

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Bergerie (à Georges Auric) extrait

Marronniers, ainsi que l'yeuse
Quels arbres, ombrelles rieuses,
Ne se déploieraient pour fêter
Le retour du prodigue été !

L'un nous offre un feu d'artifice
De plumes et de fleurs : orgie
Digne de Noël, tes bougies
Roses, d'autres fêtes complices,

L'encombrant cadeau, marronnier,
Pour ne point des neuves bergères
Troubler la candeur bocagère
Tu le voudrais plutôt nier. [...]

Raymond Radiguet (1903-1923)

 

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Rompant soudain le deuil ...

Rompant soudain le deuil de ces jours pluvieux,
Sur les grands marronniers qui perdent leur couronne,
Sur l'eau, sur le tardif parterre et dans mes yeux
Tu verses ta douceur, pâle soleil d'Automne.

Soleil, que nous veux-tu ? Laisse tomber la fleur,
Que la feuille pourrisse et que le vent l'emporte !
Laisse l'eau s'assombrir, laisse-moi ma douleur
Qui nourrit ma pensée et me fait l'âme forte.
Jean MORÉAS   (1856-1910)

 

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Marronniers en fleurs

Marronniers quand fait pleuvoir le vent
Vos feux d'artifice muets
Il n'est pas, au pouvoir des oreilles humaines
D'entendre vos corolles s'effeuiller.

Si le cristal exhale sous le doigt
Parfois un chant qui le fêle soudain
Les fleurs, étant de plus subtile essence
Laissent à qui les tue le soin de les pleurer.

Enseignez-moi les vertus du silence,
Et quand la foudre de la mort se sera tue
Calcinés comme vous mais contre un ciel de germes
Nous rirons à jamais des stériles tonnerres.

Léon-Gabriel Gros 

 

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                      Lucie (Extrait)
Les tièdes voluptés des nuits mélancoliques
Sortaient autour de nous du calice des fleurs.
Les marronniers du parc et les chênes antiques
Se berçaient doucement sous leurs rameaux en pleurs.
Nous écoutions la nuit ; la croisée entr'ouverte
Laissait venir à nous les parfums du printemps ;
Les vents étaient muets, la plaine était déserte ;
Nous étions seuls, pensifs, et nous avions quinze ans.
                   Alfred de Musset

 

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  A la mi-carême (extrait)
Les femmes et les fleurs appellent le zéphyr ;
Et du fond des boudoirs les belles indolentes,
Balançant mollement leurs tailles nonchalantes,
Sous les vieux marronniers commencent à venir.
Alfred de Musset

 

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Le Marronnier

Là tout tout contre la maison
Fier sur ses racines
Du haut de ses quatre siècles au moins je crois
Un marronnier étale ses immenses branches
Etale son ombre rassurante
J’aime sous lui m’étendre
Fermer les yeux et me laisser aller (...)
Je t’imagine toi mon compagnon de chaque jour
Aux temps anciens
Aux temps des sécheresses d’été
Quand les moissons étaient faites
Tout le hameau ivre de fatigue
Installant quelques planches, quelques tréteaux
Pour des ripailles jusqu’à la naissance du jour
Un violon, une trompette et un tambourin
À moins que ce ne soit l’ancestrale vielle
Et des sifflets de bouviers
Et ces rires gras que le vin fait naître
Peu importe, je sais que ton tronc se mettait à danser
Je t’aime, je suis tout toi et tu le sais ...
 Guy Jouberton

    pictures-of-trees-1

 

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La feuille de marronnier, motif emblématique de l'art nouveau des années 1900, se retrouve sur les impostes des fenêtres, sur les balcons anciens en fer forgé, sur les frises en céramiques et également dans les ouvrages, comme  "La plante et ses applications ornementales" édité sous la direction d'Eugène Grasset, et illustré par ses élèves. Ci-dessous, il s'agit de planches consacrées au marronnier, illustrées respectivement par les élèves Juliette Milesi (page 53) et Anna Martin (page 54).

 

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... Et la pluie dans les mains frêles des marronniers
    Glisse et s'effrite comme la vie d'un prisonnier ...

         Michel Manoll (Bouquet d'arbres, extrait)

 

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Mes Sources :

Les plus beaux arbres de Michel Viard Editions La Maison Rustique Flammarion

La saga des arbres de Michel Viard Editions la Maison Rustique Flammarion

Le site : http://www.lesarbres.fr

Site consacré à Eugène Grasset : http://eugene.grasset.perso.sfr.fr/

Le site de Michel Grau : http://m.grau.perso.sfr.fr/

Le site : http://eli-paseosartnouveau.blogspot.fr/

 

Vous pouvez trouver les références des peintures ou illustrations en pointant la souris sur l'image

 

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Published by Clairedelune - dans Auprès de mon arbre
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 18:00

Je vous invite aujourd'hui à faire une promenade paisible et instructive en forêt de Tronçais, en compagnie de Jacques Lacarrière, écrivain voyageur qui a parcouru la France en tous sens, le plus souvent à pied et pour conclure, du philosophe Jacques Chevalier :

 

http://www.fairesagnole.eu/forum/images/upload/Slalom/_137.jpg

 

Certains ont peur des forêts, non parce qu’il y fait sombre, qu’on s’y écorche aux ronces ou qu’il y a des loups, mais parce que, dès qu’elles bruissent dans la polyphonie des âges et des souffles, elles émettent un parfum d’ancestralité refoulée. Nous y pressentons des ombres inavouables, d’atterrants simulacres entre les frondaisons, des balbutiements inaudibles à deux pas de notre langage. […] J’y reviens néanmoins. Et j’en franchis l’orée le cœur léger sans la moindre peur d’y rencontrer l’ombre inavouable. Depuis que nous n’y vivons plus, les forêts, elles aussi, ont repris leur indépendance, se sont mises à avoir une histoire. Aujourd’hui elles sont élevées, éduquées, taillées, coupées, modelées par l’homme et pour lui.

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Oui, j'y reviens et j'en franchis l'orée, le coeur léger, un matin de septembre. Je parcours une laie aérée, lumineuse, bordée de hêtres et de chênes, je parcours la forêt de Tronçais dans l'Allier, à mi-chemin de Bourges et de Montluçon, à mi-chemin aussi de l'histoire et de la légende. Une des plus belles, une des plus vieilles forêts de France. Une de celles qu'aima et visita Colbert et qui lui doit ses arbres immenses et multicentenaires, qui lui doit d'être aujourd'hui le royaume et le musée du chêne. Du chêne, je ne savais pas grand chose avant de venir à Tronçais, si ce n'est qu'il produit des glands, attire la foudre et se rompt sous l'orage (à l'inverse du roseau comme chacun le sait). Maintenant que j'en ai contemplé certains, caressé quelque-uns, maintenant que j'ai écouté leurs rumeurs et leurs propos en l'air certains jours de vent, je commence à mieux les connaître. Ici, pas d'yeuses ni de chênes-lièges mais des essences nobles : chêne rouvre avant tout sous sa forme sessile ou sa forme pédonculée. Sessile, cela veut dire : dont les glands sont fixés sur la tige directement, sans pédoncule. Et pédonculé, dont les glands sont au contraire au bout d'un pédoncule […] Et d'autres choses, moins apparentes encore, se découvrent peu à peu à mesure des promenades et des observations : le pétiole des feuilles qui peut être court ou long ; la forme des lobes, symétrique ou asymétrique ; l'absence ou la présence d'oreillettes à la base du pétiole. Pour aller ou pour voir au delà, il faut alors changer d'échelle et devenir insecte.

 

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Tronçais est une forêt à trois étages. Tout en haut, les frondaisons de chênes, plus bas celles des hêtres, plus bas encore celles des charmes et des noisetiers. La vie d'un chêne rouvre est une leçon de gérontologie. Il est un peu le séquoia de nos forêts. Sa croissance est si lente qu'il faut au moins trente ans pour qu'on ait le sentiment d'apercevoir un début d'arbre. Au bout de soixante ans, il peut atteindre trente mètre de haut mais son tronc reste encore étonnamment gracile ; c'est le perchis. Au bout d'un siècle, on arrive à la jeune futaie. Pour un rouvre, la jeunesse commence à cent ans. Avant, il n'y a que balbutiements des semis, enbrouillaminis des fourrés, élans de gaulis et perchis vers le ciel, toute une adolescence bourgeonneuse et brouillonne. La vieille futaie, forme accomplie de l'arbre, commence à deux cents ans. Mais un chêne peut vivre bien plus vieux. Simplement, passé un certain âge, il commence à se déhydrater, se racornir, il se dévalorise. Il ne sert plus à rien pour les humains. Toutefois, il pourrait continuer à grandir pour lui et ce pendant des siècles encore. Mais cette idée - laisser un arbre grandir et vieillir à sa guise - est le comble de l'absurde pour un forestier. C'est pourquoi beaucoup de chênes meurent debout dans la fleur de l'âge.

 

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Il y a ici des arbres si grands et si vieux qu'on a fini par leur donner un nom, comme aux aïeux célèbres. Nommer les arbres, voilà une occupation académique ! ... Un pas de plus en cette révélation et l'on atteint l'humus de l'individualité végétale. Dans cette forêt, aucun chêne ne ressemble trait pour trait, tronc pour tronc, à un autre. La même diversité se lit entre eux qu'entre les espèces animales. Mais les différences entre deux chênes sont moins sensibles que celles entre deux chiens, par exemple, et comme les arbres sont immobiles, à la différence des chiens, la nature du sol joue un rôle essentiel dans leur croissance et dans leur apparence. Nommer un arbre c'est dire qui il est mais aussi où il est et d'où il est. Les noms donnés ici sont génériques comme La Sentinelle, Le Chevelu, Les Jumeaux, Le Trio, ou se réfèrent à des personnalités de l'endroit, écrivains surtout comme le chêne Emile Guillaumin, Jacques Chevalier, ou Charles-Louis Philippe. Le garde forestier pourrait sûrement en nommer bien d'autres qui n'ont pas de nom. Mais voilà : nommer un arbre, n'est-ce pas établir avec lui des rapports de familiarité, voire de compagnonnage, et plus tard, quand viendra l'échéance, pourra-t-on de gaieté de coeur abattre un chêne que depuis longtemps on tutoie ?

 

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Grande forêt, certes, aujourd'hui encore. Mais ridiculement restreinte à côté de ce qu'elle fut jadis. Il ne demeure de l'antique forêt de Tronçais que des bribes boisées, placées désormais sous haute surveillance. Et pourtant même ici, en ces parcelles modestes, entrecoupées de routes, de chemins, de sentes et de laies, même ici, presque personne ne s'aventure. L'ombre inavouable rôderait-elle encore ? Autrefois, cette forêt était pour ses riverains un lieu d'usages et de pacages. On allait y chercher du bois et faire paître les porcs. On allait aussi s'y cacher quand c'était nécessaire. Refuge, asile, sauveterre, la forêt mariait les mots sylve et salve. Elle faisait peur mais elle sauvait. Elle était habitée d'ombres nombreuses et humaines, celles des charbonniers et ramasseurs de mousse. Aujourd'hui, elle est quasi déserte. A part les bûcherons et les chasseurs à courre, on y voit peu de familiers.

 

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Et, devenue profane, elle est devenue prosaïque. Les gardes en velours vert ont remplacé les druides en manteau blanc. Mais de cela, je me doutais un peu en allant à Tronçais. Si vous aimez la solitude, c'est ici qu'il faut venir marcher. "C'est qu'on ne voit pas grand monde se promener ainsi !" me dit un bûcheron, en me voyant déboucher d'un fourré, carte d'état-major en mains. "Personne ne vient par ici, d'habitude. Les gens, on dirait qu'ils ont peur. Peur de quoi ? Il n'y a rien à craindre ici, même pas des satyres !" fait-il avec un gros clin d'oeil à son compagnon. C'est vrai. Il n'y a absolument rien à craindre ici. Ni loups, ni ours, ni brigands ni satyre ni elfes ni kobolds. A Tronçais, il n'y a que les arbres et soi. Que les rumeurs et soi. Que le silence et soi. Et c'est cela sans doute qu'il est si difficile de supporter, pour un citadin. Etre seul avec soi. Beaucoup de gens ont peur de se perdre en forêt. En fait, ce qu'ils redoutent sans le savoir, ce n'est pas tant de perdre leur chemin que la perte de soi.

 

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1986. Futaie Colbert. Arbres semés au temps du Surintendant. Age moyen : trois cents ans. Grandes éclaircies sous un ciel mouvementé. Radieux jeux d'ombres et de lumières pour un Versailles absent. Semer, planter des arbres, surtout des chênes, c'est faire confiance aux hommes et au temps. Au siècle de Colbert, on ne prévoyait que des guerres maritimes avec des navires à voiles et en bois. Il y a quelque chose d'admirable et de triste à la fois dans le destin de cette forêt. Elle ne doit son actuelle survie et sa présente grandeur qu'à l'invention de la vapeur et à la fin de la marine à voiles. Ce que j'admire aujourd'hui en cette futaie, ce sont des arbres rescapés. Colbert aimait-il vraiment les chênes ou préférait-il les navires ? A l'époque, l'un n'allait pas sans l'autre et c'est pourquoi il fit planter des chênes. Mais ils devinrent caduques, comme leurs feuilles, et ne connurent jamais la mer. Triste sort ou heureux hasard ? Ces rumeurs qui ne cessent de hanter les halliers, sont-elles déception, sont-elles soulagement ? - Non. C'est le vent. Le vent tout simplement, me dit un garde.

  Jacques Lacarrière - Identification d'une forêt (extraits)

Tiré du livre Flâner en France  Editeur Christian Pirot

 

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L’immensité, à Tronçais, se révèle dès le premier coup d’œil. La forêt surprend, par son mouvement et par sa force, le voyageur qui la découvre au sortir des "plaines décolorées" du Berry. Elle l’enchante par sa beauté calme et apaisante lorsqu’elle lui apparaît sur le versant des terrains primitifs, qu’elle revêt comme d’un manteau : elle occupe tout l’horizon de l’ondulation de ses vagues monstrueuses ; elle ne le barre pas d’une ligne nette, comme l’océan, mais elle semble le prolonger jusqu’à l’infini et s’enfoncer, suivant l’expression de Charles-Louis Philippe "en des profondeurs au bout desquelles on devine tous les pays du vent".

 

Jacques Chevalier - Beauté de la forêt de Tronçais
(La forêt Tronçais en Bourbonnais)

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 19:30

A travers les âges, de nombreux peuples ont utilisé l'arbre comme support d'écriture par le biais de ses feuilles, de son écorce ou par sa transformation en papier. De nos jours, certains arbres sont tatoués, gravés sur la presque totalité de leur tronc, et deviennent des colonnes offertes à la liberté d'expression où fleurissent coeurs, dessins, lettres, dates ... Arbre tag, mémoire vivante des amours, des humeurs, des émois et des moeurs d'aujourd'hui, comme en témoigne ces peupliers blancs des berges de la seine à Paris. Pauvres arbres meurtris et défigurés ! Comme nous manquons d'égards pour ces pourvoyeurs de beauté, d'ombre, de verdure et d'oxygène ...

 

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A l'orée des forêts, le chêne ténébreux
A lié connaissance avec deux amoureux.
" Grand chêne laisse-nous sur toi graver nos noms... "
Le grand chêne n'as pas dit non.

Georges Brassens ( "Le Grand Chêne" extrait)

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 20:00

Parfois invisibles, les racines jouent un rôle primordial dans la vie de l'arbre : rôle de maintien, rôle nourricier et siège des échanges avec les micro-organismes, elles sont indispensables au développement de l'arbre. L'homme utilise volontiers ce terme pour parler de ses origines et de son identité qui se construit à partir de ce qu'il a vécu et de son passé ... Mais c'est le propos original et poétique de  Mary Gérard Vaude que je vous propose aujourd'hui, illustré notamment, par les belles toiles de Cristina Berreta, coup de coeur de ce billet. Vous pouvez découvrir son univers : ici.

 

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http://silartetaitconte.hautetfort.com/media/00/02/483169816.jpg

 

http://data0.eklablog.com/christaldesaintmarc/mod_article3290094_29.jpg?974

 

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http://www.linternaute.com/nature-animaux/flore/photo/arbres-de-france/image/fosses-cauchois-412844.jpg

 

Racines

L’homme ne sait pas rester en place. C’est sans doute ce qui le distingue le plus des arbres. Pour le reste, il tente de leur ressembler, jugeant que ces géants arborent quelque noblesse. Toujours debout, souvent ombrageux, tour à tour tête, gueule ou langue de bois, il promène un petit tronc tout gonflé d’importance. Et la quête de ses racines lui fait brancher son nom aux arbres généalogiques, comme ses lointains ancêtres pendaient aux chênes, leurs armes et leurs boucliers.
Les terroirs, dont il se réclame, témoignent plus qu’il ne le croit de ses origines. Car il appartient à la terre. Comme la boue des chemins. Et son destin le ramène un jour à d’autres racines, quand la mort bûcheronne et l’abat.
L’homme ne goûte le souterrain qu’à titre posthume. La terre pourtant s’accroche à ses chaussures sa vie durant. Et quand les beaux dimanches nous promènent, qui songerait que sous nos pas, un petit monde nous guette et nous attend ?
Là, courent les racines dont on sait, par les livres, qu’elles nourrissent l’arbre et l’attachent à sa condition.  Mais leurs mouvements nous restent invisibles. Nous caressons les troncs, voyons pousser les branches, entendons bruire les feuilles. Les racines vont par les  trous, les fossés, les fentes, les galeries, et sont les hôtes familiers des tombes. Toutes sombres demeures.
La ramure avenante, ses spectacles  distraient  de cette  œuvre secrète. Et la terre, tel un ventre, garde des regards ce tas d’entrailles. [ ...]

Le  sourd enchevêtrement des racines  répond aux entrelacs aériens des branches. Il est la basse continue de la feuillée légère et bruissante, de ses ramages guillerets.  C’est un chœur qu’entend l’oreille musicienne.
Le curieux sait encore ouvrir l’œil. Entre les sentes tortueuses, le minuscule grouille et rampe.  [ ...]

D’entre les racines monte l’odeur de la terre, comme le parfum des cheveux des femmes. Chevelures des ténèbres, que ne démêle aucun matin, que ne dore aucun soir.
Seule la pluie vient à rouler ses perles et lui porte des morceaux de ciel.

Mary Gérard VAUDE (Portrait des arbres de France)

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 10:00

Ils étaient là, tous semblables, avec leurs troncs minces grimpant vers le ciel et les pieds campés bien droits sur le tapis clair de leurs feuilles. Comme des frères qui jamais ne se quittent ou une armée rangée pour la bataille, ils se serraient pour résister au vent et souriaient au dernier rayon du soleil. Tableau tellement charmant et insolite, à la lisière du champ  juste après le virage, que je m'étais engagée sur la toute petite route qui le traversait pour m'approcher du petit bois : il m'avait accueillie sans rechigner, m'offrant généreusement la haie d'honneur de ses arbres au garde-à-vous dans leur nudité hivernale ...

 

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Les arbres ces éternels suppliants
Ne pensent qu'à lever leurs bras
Vers le ciel
Eh bon Dieu pourquoi ce désespoir
En voilà des histoires !
 Pierre-Albert Birot (1876-1967)

 

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Arbres

Arbres l'hiver Le ciel est proche
Réseau de fer sur les nuages
Présences rivées à l'argile
Au sable au silex à la boue
Tendus comme l'homme Dressés
Longues racines de douleur
Ecartelés comme les mains
Que traversent les oiseaux noirs
Des mots
Venus des sources sombres
Jusqu'à l'écorce du poème.
 Georges JEAN (1920-2011)

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 22:00

Que c'est agréable pour nous, citadins, d'apercevoir tout au long des avenues, des boulevards, des places et des parcs, ces espaces de verdure, ces bouffées d'oxygène, ces arbres plantés parfois depuis si longtemps qu'ils ont vu la ville les encercler peu à peu ... Pourvoyeurs d'ombre et de fraîcheur l'été, flamboyants durant l'automne, féériques lorsque le givre les recouvre en hiver, odorants, fleuris, gais et vibrants d'oiseaux au printemps, l'arbre des villes est tout au long de l'année un bel ornement, utile et apprécié. Et heureusement, tous n'auront pas le malheureux sort de l'arbre de Maxime le Forestier, privé d'espace et de liberté, livré à la pollution et voué à disparaître ! Quant aux peintures sélectionnées, elles m'ont permis de découvrir, enthousiaste, de nouveaux (pour certains) et talentueux artistes que vous retrouverez à la fin de cet article.

 

http://specialdujour.hautetfort.com/media/02/00/1341911383.jpg

 

http://WahooArt.com/A55A04/w.nsf/OPRA/BRUE-6WHKXX/$File/Gustave%20Caillebotte%20-%20Boulevard%20Seen%20from%20Above%20.JPG

 

http://www.amcofdata.com/images/Jean-Beraud_Le-Pont-Neuf.jpg

 

http://www.sers-hermann.com/portfolio/wp-content/uploads/2011/08/30p.jpg

 

Comme un arbre dans la ville

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Sans abri sans domicile
Comme un arbre dans la ville

Comme un arbre dans la ville
J'ai grandi loin des futaies
Où mes frères des forêts
Ont fondé une famille
Comme un arbre dans la ville

Entre béton et bitume
Pour pousser je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
J'ai la fumée des usines
Pour prison, et mes racines
On les recouvre de grilles
Comme un arbre dans la ville

Comme un arbre dans la ville
J'ai des chansons sur mes feuilles
Qui s'envoleront sous l'œil
De vos fenêtres serviles
Comme un arbre dans la ville

Entre béton et bitume
On m'arrachera des rues
Pour bâtir où j'ai vécu
Des parkings d'honneur posthume
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
Ami, fais après ma mort
Barricades de mon corps
Et du feu de mes brindilles
Comme un arbre dans la ville

Maxime le Forestier

 

http://www.sers-hermann.com/portfolio/wp-content/uploads/2011/08/04p.jpg

 

http://www.michel-caron.fr/peinture/wp-content/uploads/arbre-rouge-tourtois-620x496.jpg

    http://www.artactif.com/bdd/oeuvre/g_85411.jpg

 

 

Les artistes de ce billet (cliquez sur leur nom) :

Marc-Aurèle Fortin
Gustave Caillebotte
Jean Béraud
Dorothée Sers-Hermann
Michel Caron
Marie-Paule Hennegrave
Karla Gerard

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 10:00

Le sapin, c'est peut-être l'arbre le plus familier, celui que l'on reconnaît tout de suite à sa silhouette pyramidale, à la longue redingote verte qui lui descend jusqu'en bas des pieds et à sa tête fine pointant vers le ciel. Le sapin, c'est l'arbre un peu sauvage, qui préfère la solitude et le calme des sommets ... C'est l'arbre oiseau qui rêve de voler et déploie ses ailes dans le vent, volant peut-être même dans le secret de la nuit, puis redescendant à l'aube se poser doucement sur les cimes qui montent, montent à l'assaut du ciel ... Le ciel, n'est-ce pas lui d'ailleurs que le sapin montre de ses bras, arqués comme des flèches ? Il se dresse, fier et élégant, droit et racé, magnifique, se riant des tempêtes, valsant avec les flocons de neige, guirlandes blanches sur ses épaules ... Les sapins, famille sobre et immuable aux cinquante tribus, qui se serre les coudes, et décore les monts inaccessibles de ses rangs serrés. Sapin qui, seul parmi ses congénères, s'invite chaque année dans des millions de foyers, où rayonnant, il ravit petits et grands ... Dire que certains le trouvent tristes, dire qu'on le calomnie en l'associant toujours à la tombe : "ça sent le sapin" ! Mais que ses aiguilles dégagent une bonne odeur pourtant ! Et lui reprocher son utilité, quelle ingratitude ! Quand en plus, on peut se régaler avec son miel et même se fortifier et se protéger grâce à ses vertus médicinales ... Alors,  chapeau Monsieur le Sapin et bravo pour votre beauté, vos aiguilles toujours vertes, votre bois tendre et votre convivialité, continuez à régner sur les forêts, pour notre plus grand plaisir !

 

 

 

Les Sapins (extrait)

J'allais cueillir des fleurs dans la vallée,
Insouciant comme un papillon bleu,
A l'âge où l'âme à peine révélée
Se cherche encore et ne sait rien de Dieu.
Je composais avec amour ma gerbe,
Quand au détour du côteau l'aspect noir
De sapins verts couvrant un sol sans herbe,
Me fit prier ainsi sans le savoir :

Dieu d'harmonie et de beauté !
Par qui le sapin fut planté,
Par qui la bruyère est bénie,
J'adore ton génie
Dans sa simplicité.

Le sapin brave et l'hiver et l'orage,
Chaque printemps lui fait un éventail ;
Droite est sa flèche et vibrant son feuillage,
L'art grec s'y mêle au gothique travail ;
Ses blancs piliers, un souffle les balance
Sans plus d'effort que les simples roseaux
Chœur végétal, symphonie, orgue immense
Qui darde au ciel d'innombrables tuyaux.

Dieu d'harmonie et de beauté !
Par qui le sapin fut planté,
Par qui la bruyère est bénie,
J'adore ton génie
Dans sa simplicité.

Les bûcherons, dont la hache est sonore,
Sapin géant, coupent tes bois légers,
Qui porteront du couchant à l'aurore
Hommes, bestiaux et produits échangés.
De ta résine on enduira tes planches,
Tu doubleras les caps sombres sans peur,
Tantôt voguant au gré des voiles blanches,
Tantôt poussé par l'ardente vapeur.

Dieu d'harmonie et de beauté !
Par qui le sapin fut planté,
Par qui la bruyère est bénie,
J'adore ton génie
Dans sa simplicité.

L'archet de Dieu règle votre cadence,
Musiciens rythmés par l'aquilon.
Un jour des bals vous mènerez la danse
De l'orme agreste au splendide salon.
Vous traduirez des accents dont la flamme
Cherche des cœurs l'invisible chemin ;
Aux violons vous donnerez une âme
Et vibrerez sous un archet humain.

Dieu d'harmonie et de beauté!
Par qui le sapin fut planté,
Par qui la bruyère est bénie,
J'adore ton génie
Dans sa simplicité ...

Pierre Dupont    

 

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     Le petit sapin

    C'était un petit sapin
    Pique pique pique bien
    C'était un petit sapin
    Pique pique bien

    Il vivait dans la forêt
    Entouré de grands arbres
    Qui sans arrêt se moquaient
    Et le trouvaient bien laid
    Quand parfois il soupirait
    Vous avez cœur de marbre
    Les grands arbres s'agitaient
    Et leurs branches riaient

    Quand un jour il demanda
    Qu'enfin on lui explique
    La raison de ses tracas
    Il entendit cela
    Nous prenons feuille au printemps
    Toi tu es plein de piques
    Puisque tu es différent
    Tu dois être méchant

    Mais quand l'automne vint
    Que les feuilles jaunirent
    Qu'ils essayèrent en vain
    De rester souverains
    On vit le petit sapin
    Tranquille et sans rien
    Se dresser près du chemin
    Plus vert chaque matin

    Sous la neige au nouvel an
    On le trouva superbe
    Et il s'en fut bien content
    Ne changea pas pour autant
    Et quand vint le mois de mai
    Son ombre était sur l'herbe
    Pas plus grande mais jamais
    De lui on ne riait

    Si l'histoire finit bien
    C'est qu'à propos de feuilles
    On peut encore c'est certain
    Accepter son voisin
    On pourrait aussi l'aimer
    A condition qu'on veuille
    Penser qu'on est tous plantés
    Dans la même forêt.

    Anne Sylvestre

 

 

Sur la neige émiettée de rouges-gorges
les sapins, haute ponctuation du silence,
supportent presque tout le poids de l'hiver.

Leurs branches savent retenir le soleil
ou tisser une trame de bise
pour quelque vêtement solennel ...

Jean Orizet
dans "Nouveau trésor de la poésie pour enfants"
anthologie de Georges  -  le cherche midi, 2003)

       

 

 

     http://uploads3.wikipaintings.org/images/eyvind-earle/black-evergreen-forest-1981.jpg!HalfHD.jpg

 

                     Les sapins

On entend l'Océan heurter les promontoires ;
De lunaires clartés blêmissent le ravin
Où l'homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ;
Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires,
Sur les choses sans forme épand l'effroi divin.

Paisibles habitants aux lentes destinées,
Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs,
De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ;
Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées,
Tristes, semblent porter d'iniques pesanteurs.

Ils n'ont point de ramure aux nids hospitalière,
Ils ne sont pas fleuris d'oiseaux et de soleil,
Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ;
Et, peuple enveloppé dans la nuit familière,
Sur la terre autour d'eux pèse un muet sommeil.

La vie, unique bien et part de toute chose,
Divine volupté des êtres, don des fleurs,
Seule source de joie et trésor de douleurs,
Sous leur rigide écorce est cependant enclose
Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.

Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre,
Sous l'assaut coutumier des orageux hivers,
Leurs veines sourdement animent leurs bras verts,
Et suscitent en eux cette gloire de vivre
Dont le charme puissant exalte l'univers.

Pour la fraîcheur du sol d'où leur pied blanc s'élève,
Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds
Font à peine bouger leurs bras épais et lourds,
Et pour l'air, leur pâture, avec la vive sève,
Coulent dans tout leur sein d'insensibles amours.

En souvenir de l'âge où leurs aïeux antiques,
D'un givre séculaire étreints rigidement,
Respiraient les frimas, seuls, sur l'escarpement
Des glaciers où roulaient des îlots granitiques,
L'hiver les réjouit dans l'engourdissement.

Mais quand l'air tiédira leurs ténèbres profondes,
Ils ne sentiront pas leur être ranimé
Multiplier sa vie au doux soleil de mai,
En de divines fleurs d'elles-mêmes fécondes,
Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.

Leurs flancs s'épuiseront à former pour les brises
Ces nuages perdus et de nouveaux encor,
En qui s'envoleront leurs esprits, blond trésor,
Afin qu'en la forêt quelques grappes éprises
Tressaillent sous un grain de la poussière d'or.

Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle
Les conçut au frisson d'un vent mystérieux ;
C'est ainsi qu'à leur tour, pères laborieux,
Ils livrent largement à la brise infidèle
La vie, immortel don des antiques aïeux.

Car l'ancêtre premier dont ils ont reçu l'être
Prit sur la terre avare, en des âges lointains,
Une rude nature et de mornes destins ;
Et les sapins, encor semblables à l'ancêtre,
Éternisent en eux les vieux mondes éteints

Anatole France (1844-1924)

 

 

 

   

 

 

 

Mon beau sapin

Mon beau sapin, roi des forêts
Que j'aime ta verdure !
Quand, par l'hiver, bois et guérets
Sont dépouillés, de leurs attraits
Mon beau sapin, roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël, planta chez nous
Au saint anniversaire !
Joli sapin, comme ils sont doux
Et tes bonbons et tes joujoux !
Toi que Noël, planta chez nous
Tout brillant de lumière.

Mon beau sapin, tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix,
Mon beau sapin, tes verts sommets
M'offrent la douce image.

 

 

L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige toute la terre est changée.
André Laurendeau

 

 

Le sapin de noël (ou le petit sapin sous la neige)

Le petit sapin sous la neige
Rêvait aux beaux étés fleuris.
Bel été quand te reverrai-je ?
Soupirait-il sous le ciel gris.

Dis moi quand reviendra l’été !
Demandait-il au vent qui vente
Mais le vent sans jamais parler
S’enfuyait avec la tourmente.

Vint à passer sur le chemin
Un gaillard à grandes moustaches
Hop là ! en deux coups de sa hache,
A coupé le petit sapin.

Il ne reverra plus l’été ,
Le petit sapin des montagnes,
Il ne verra plus la gentiane,
L’anémone et le foin coupé.

Mais on l’a paré de bougies,
Saupoudré de neiges d’argent.
Des clochettes de féerie
Pendent à ses beaux rameaux blancs.

Le petit sapin de noël
Ne regrette plus sa clairière
Car il rêve qu’il est au ciel
Tout vêtu d’or et de lumière.

Pernette Chaponnière
("Vingt Noëls pour les enfants" - Éditions de la Baconnière, 1985)

 

 

« Ce qui compte à Noël, ce n’est pas de décorer le sapin, c’est d’être tous réunis.  »
Kevin Bright

 

 

                           Les sapins

     
Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus
Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
Qui sont de grands poètes
Ils se savent prédestinés

A briller plus que des planètes
A briller doucement changés
En étoiles et enneigés
Aux Noëls bienheureuses
Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens
Au vent des soirs d' automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne

Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l'hiver les sapins
Et balancent leurs ailes
L' été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divagants
Ils vont offrant leurs bons onguents
Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l' ouragan
Un vieux sapin geint et se couche

Apollinaire - Alcools

 

 

   

 

 

La Légende des 3 sapins

Il était une fois, essayez d'imaginer avec moi .... trois jolis petits sapins : Touffu, Touvert et Toudroit. Ils vivaient côte à côte comme des frères dans une immense forêt. Un jour, Touffu, comme si cela était possible, se mit à rêver tout haut : "Combien j'aime les petits enfants, il y en a tant qui passent chaque jour, là à mes pieds ! Oh, si je pouvais servir et être quelque chose d'utile et de beau à l'un d'eux ! Je donnerai volontiers ma vie, pour devenir ... un berceau, par exemple. Mais oui, un beau berceau tout sculpté pour garder au chaud un joli bébé" !

Touvert, qui écoutait son frère, s'exclama : "Oh non ! Moi je suis plus ambitieux. J'ai entendu un jour des promeneurs parler de grands voyages sur la mer, et depuis, je rêve qu'on vienne me tirer d'ici. Oh, si je pouvais seulement devenir un gros navire ! Je me vois voguant sur les flots, bravant vents et tempêtes, atteignant jusqu'aux extrêmités de la terre ! Voilà quelque chose d'utile, et quelle aventure formidable !

Toudroit se tenait silencieux et semblait réfléchir. Ses frères insistèrent tellement, qu'il finit par parler : "Moi ? Je ne sais pas. Je suis bien ici. J'aimerais que ceux qui passent à mes pieds, en levant les yeux pour m'admirer, puissent voir le Ciel au dessus de moi. Je suis prêt à demeurer toute ma vie ici, et à diriger les regards des gens vers Dieu ! Attirer à Dieu le monde entier, que ce serait merveilleux !

 

 

Soudain, alors qu'ils s'entretenaient encore, Touffu poussa un cri de douleur ... Deux bûcherons étaient en train de lui scier les pieds ... "Adieu mes frères" ! ... Le voilà emporté et scié encore et encore pour devenir ... Oh non, pas un beau berceau, mais une mangeoire, une grossière crèche pour bestiaux ! Quelle terrible déception ce dût être pour notre ami Touffu ! Il prit place dans une pauvre étable, comme il devait être triste !

Mais une nuit, tandis qu'il devait être toujours là à se lamenter, une femme déposa un petit enfant. La bible elle, nous parle de l'enfant que sa mère "emmaillota et coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie". Le nom de ce bébé est Jésus, le Fils même de Dieu. La bible raconte aussi que des bergers de la contrée vinrent se prosterner devant Lui et qu'ils s'en retournèrent glorifiant et louant Dieu ...  Ne pensez-vous pas que Touffu dût être reconnaissant d'avoir tenu au chaud le Roi des rois, et qu'il aurait été heureux d'avoir un voix pour pouvoir lui aussi louer et glorifier Dieu ?

 

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Mais revenons à notre grande forêt pour voir ce que Touvert et Toudroit étaient devenus. Ils étaient maintenant de grands et superbes sapins, et peut-être qu'on les avait oubliés et qu'ils finiraient là leur vie d'arbres, car plusieurs années avaient passé. Mais non, voilà qu'un clair matin, à leurs pieds, deux bûcherons se consultaient .... Le sort tomba sur Touvert qui, en un rien de temps, fut abattu et emporté. Comme son frère, il fut scié et scié encore ... Dans sa souffrance, il devait se consoler en se disant : "Cela vaut la peine, je vais sûrement devenir un grand bateau" ! Après bien des jours, on le déposa près des eaux paisibles d'un lac ... Il n'était devenu qu'une simple et modeste barque de pêcheurs ! Il me semble l'entendre murmurer : "et moi qui désirais tant voguer sur les océans, je suis destiné à demeurer ici sur ce lac" !

Un jour, alors qu'une foule se pressait près du lac, un homme prit place dans la barque et de là, "il enseignait la foule". Dans la bible, nous apprenons qu'un grand Maître se servit une fois d'une barque de pêcheurs comme d'une chaire. En effet, un  jour le Seigneur Jésus s'adressa de là à la foule et Il leur parla de Dieu ; on l'appelait "Maître", Lui qui est le Fils de Dieu. Quel honneur ce dût être pour Touvert. Certainement, il devait être joyeux, trouvant qu'il valait mieux n'être qu'une modeste barque et avoir transporté comme passager, non des passagers quelconques, fussent-ils des milliers, mais Celui qui, dit la bible, créa les vents, la mer et le monde entier.

 

 

De son côté, Toudroit devait se sentir bien seul depuis que son dernier frère l'avait quitté. Il devait se demander ce que Touffu et Touvert étaient devenus. Je crois qu'avec une certaine angoisse, il espérait que son tour ne viendrait jamais. Cependant, cela ne tarda pas. En effet, une grosse hache le mit bientôt, lui aussi, à terre. Il fut dépouillé de ses belles branches pour ne devenir qu'une grossière et lourde croix. Personne n'avait fait cas de ses gémissements : "Que c'est triste, je ne peux plus montrer le ciel au monde tel que je suis maintenant " !

On l'emporta dans les rues d'une ville où il y avait des tas de gens qui criaient, se bousculaient et blasphémaient ; ensuite, hors de la ville, sur une colline, on le déposa à terre. Là, on cloua un homme sur la croix. Cet Homme portait une couronne d'épines sur la tête. Dressée haut sur la colline, la croix portait le Seigneur Jésus qui devait mourir pour les péchés du monde. la bible dit qu'à midi, tout devint noir, et que pendant trois heures, il y eut "des ténèbres sur toute la terre. Et Jésus s'écria d'une voix forte : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" La croix, toute triste, ne se demandait-elle pas aussi : "Pourquoi ?"

       

 

La réponse se trouve dans les paroles que le Seigneur Jésus avait prononcées peu de jours avant, et que la bible nous rapporte : "Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi". C'est sur la croix que le Seigneur Jésus est mort pour attirer le monde à Dieu, son Père, en ôtant leurs péchés. A Noël, nous nous rappelons la naissance du Seigneur Jésus.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 20:30

Le Bouleau ! Arbre que certains peut-être considèreront avec un a priori négatif parce qu'il fera douloureusement penser au boulot .. Et pourtant, cet arbre a du mérite : il se contente de sols pauvres et  supporte les rigueurs de la montagne jusqu'à 2000 mètres. Toujours pionnier dans les reconquêtes et colonisations de landes par la forêt, il peut vivre centenaire dans les contrées nordiques, mais chez nous, en pays tempéré, il dépasse rarement la trentaine.
Il existe 4 espèces de bouleaux en Europe dont deux largement répandues : celle du bouleau verruqueux, qui se reconnaît à son écorce blanche, lisse et brillante avec quelques taches noires souvent accompagnées de crevasses ; et celle du bouleau pubescent à l'écorce d'un blanc plus mat, parfois rosée, avec des bandes ou lignes horizontales grisâtres mais sans taches ni crevasses.
Ce bel arbre élancé a énormément d'atouts dans la manche,  pardon, dans ses branches ! En effet ses utilisations médicinales sont nombreuses :  vertus diurétiques, purgatives, digestives, anti-inflammatoires, actions cutanées... Chez lui, tout est utile (écorce, feuilles, bourgeons, sève),  non seulement pour se soigner, mais aussi dans les domaines de l'alimentation et de l'artisanat.
Enfin, savez-vous que le bouleau symbolise la sagessse et que de nombreux pays l'ont mis à l'honneur, comme par exemple la Norvège ou la Russie où il est considéré comme arbre national.
Alors, promenez-vous à loisir dans ces boulinières, ces boulaies ou ces bétulaies que constituent les futées de bouleaux : vous pourrez admirer cet arbre tout au long des quatre saisons au travers des toiles lumineuses d'artistes talentueux (références en pointant la souris sur la peinture) ...  et accompagnés par l'évocation poétique des non moins illustres Jean Giono, Gabriel Marc (un compatriote auvergnat un peu moins connu !), Maurice Carême et Victor Hugo. Puis, quand vous sortirez de cette ramure enchanteresse, vous pourrez encore boire bouleau, soigner bouleau, bricoler bouleau et pourquoi pas, parler bouleau.

 

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 La Capitale des Bouleaux

Et enfin, la capitales des bouleaux, - ce qui là-bas au fond éblouit parfois un coup de phare -, c'est autour de l'étang de Roumanche qu'elle se trouve avec ses dômes, ses terrasses, ses tours dorées, ses rues, ses ruelles, ses boulevards dorés, ses colonnes couvertes en peau de cheval pie, ses écorces soignées, poncées, poudrées, fardées, fines comme de la soie, ses balancements de palmes, ses déhanchements de jeunesse qui danse, ce bruissement de milliers de jupes de faille, son papillonnement de lumière. Les éclairs les plus violents qui arrivent de là-bas et percent facilement la brume comme de vrais rayons de soleil viennent de l'étang lui-même. Il a déjà commencé à engloutir beaucoup de feuilles mortes, car le feuillage des bouleaux est très sensible aux  premiers coups de froid (il y avait de la gelée blanche sur les montagnes hier matin). Au bout de quelques jours, ces feuilles, qui d'abord surnagent et font comme une cuirasse, se gorgent d'eau et descendent au fond. Là, noires, elles sont exactement comme le tain d'un miroir. L'eau brunit, se lisse et frappe la lumière avec tant de violence qu'elle la fait rebondir jusqu'ici, qui est au moins à six kilomètres.

Jean Giono (Monologue, Faust au village Gallimard 1978)

      http://4.bp.blogspot.com/-i4kdhwsGb8c/TmtMNpXgO6I/AAAAAAAAEfY/dphK0zEMmbU/s1600/e++birches+stage+3+001.jpg

 

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   http://www.bobcolepaintings.com/100_2507.jpg

 

       Le Bouleau

Les uns chantent les grands chênes,
Les hêtres couverts de faînes,
Les lauriers étincelants.
D'autres préfèrent les ormes,
Ou les marronniers énormes ;
Moi, j'aime les bouleaux blancs.

J'aime l'arbre cher au Celte,
Dont la pile droite et svelte
S'élance en riant dans les airs ;
Dont le délicat feuillage
Sur le ciel forme un grillage
Toujours frissonnant et clair.

Les bouleaux, parmi les branches,
Sont comme des vierges blanches
Errant dans le vert taillis,
Et, la nuit, dans les bois sombres,
Ils sont Ilses ou Willis.

Aux chênes géants la force.
Aux saules la rude écorce.
Aux ifs le froid des tombeaux.
Mais l'écorce douce et fine
et la grâce féminine
Font le charme des bouleaux.

Au soleil, dans la clairière.
Les bouleaux sur la bruyère
Forment un voile léger,
Et sous l'aile de la brise
Leur feuillage qui s'irise
Dans l'air semble voltiger.

Les uns chantent les grands chênes,
Les hêtres couverts de faînes,
Les lauriers étincelants.
D'autres préfèrent les ormes,
Ou les marronniers énormes.
Moi, j'aime les bouleaux blancs.
                  --------
Amis, sur mon tombeau plantez un bouleau blanc,
Un bouleau du pays, au feuillage tremblant.
Que près de lui fleurisse une églantine rose
Et qu'il fasse un peu d'ombre où ma cendre repose.

Gabriel Marc (1840-1931), Poèmes d'Auvergne 1882 (Gallica)

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Le Bouleau
Chaque nuit, le bouleau
Du fond de mon jardin
Devient un long bateau
Qui descend ou l’Escaut
Ou la Meuse ou le Rhin.
Il court à l’Océan
Qu’il traverse en jouant
Avec les albatros,
Salue Valparaiso,
Crie bonjour à Tokyo
Et sourit à Formose.
Puis, dans le matin rose,
Ayant longé le Pôle,
Des rades et des môles,
Lentement redevient
Bouleau de mon jardin.

Maurice Carême

 

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Comme une feuille morte échappée aux bouleaux
Qui sur une onde en pente erre de flots en flots,
Mes jours s'en vont de rêve en rêve ...

Victor Hugo (extrait Orient.4)

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 15:30

Les couleurs de l'automne m'ont toujours émerveillée, aussi comprendrez-vous sans peine mon coup de coeur pour les peintures de l'artiste peintre français Frédéric Wioland. Ses toiles aux teintes vives et chaleureuses évoquent magnifiquement celles qui n'en finissent pas de m'éblouir dans la nature ou dans les jardins, et sont fort bien décrites dans le texte ci-après, extrait du roman de  Louis HEMON, Maria Chapdelaine. Alors, n'hésitez pas à plonger dans ces paysages d'arbres au flamboiement automnal pour le plus grand plaisir des yeux !

 

http://storage.canalblog.com/35/25/571415/42960888.jpg

  http://www.visuelimage.com/salondemai/salon_2005/artistes_2005/big/wioland.jpg

 

http://www.amecouleur.ch/upload/artistes/frederic_wioland/1187-frederic-wioland-grands-peupliers.jpg

 

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  http://www.wioland-peintre.fr/images/accueil/accueil.jpg

 

Tout au long d'octobre, les jours de gel et les jours de pluie alternèrent, cependant que la forêt devenait d'une beauté miraculeuse [...] Du feuillage des bouleaux, des trembles, des aulnes, des merisiers semés sur les pentes, octobre vint faire des taches jaunes et rouges de mille nuances. Pour quelques semaines le brun de la mousse, le vert inchangeable des sapins et des cyprès ne furent plus qu'un fond et servirent seulement à faire ressortir les teintes émouvantes de cette autre végétation qui renaît avec chaque printemps et meurt avec chaque automne. La splendeur de cette agonie s'étendait sur la pente des collines comme sur une bande sans fin qui suivait l'eau, s'en allant toujours aussi belle, aussi riche de couleurs vives et tendres, aussi émouvante, vers les régions lointaines du nord où nul oeil humain ne se posait sur elle.

Louis HEMON, Extrait de Maria Chapdelaine

 

   http://www.amecouleur.ch/upload/artistes/frederic_wioland/119-nc-foret-evisa-4-640.jpg   

http://www.amecouleur.ch/upload/artistes/frederic_wioland/122-nc-riviere-en-montagne-640.jpg

  http://www.amecouleur.ch/upload/artistes/frederic_wioland/120-nc-640-prunier-sevi.jpg

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 23:54

L'Arbre de Vie ! Voilà un nom magnifique pour un arbre dont on ne connaît absolument pas l'apparence mais qui  symbolise l'immortalité et reste, parmi les arbres de toutes espèces agréables à voir et bons à manger, l'arbre le plus précieux du jardin d'Eden. C'est sans aucun doute la Bible qui nous en parlera le mieux, remontant des origines de la vie dans le livre de la Genèse jusqu'à la fin du monde dans l'Apocalypse, avec une sobriété et une vérité qui tranchera peut-être avec les diverses représentations artistiques dont cet arbre fait l'objet. Car vous le verrez, les couleurs, les formes et le style des peintures illustratives diffèrent énormément selon la sensibilité et l'imagination des artistes et cette forêt d'arbres si particuliers dégage une vie singulière ...

 

http://carmenimage.files.wordpress.com/2008/05/52-arbre-de-vie-80-x-100-cm.jpg

 

 http://s1.artquid.fr/art/2/90/154177.2064897481.1.450.jpg

 

"L'Eternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant. Puis l'Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. L'Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toutes espèces, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal ... L'Eternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Eden pour le cultiver et pour le garder. L'Eternel Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras."

La Bible, Livre de Genèse chapitre 2 versets 7 à 9 et 15 à 17

 

http://www.farea.com/artists_createurs/zylberman_figuratif_expres/peintures_oniriques_100/peintures_figurative_11.jpg

 

http://www.butterflywoman.com/cycle.jpg

 

Après que Dieu ait créé une compagne à Adam en la personne d'Eve, survient l'épisode de la tentation puis du péché du premier couple, qui, séduit par le discours trompeur du serpent, désobéit à l'ordre de Dieu et goûte au fruit défendu. Prenant alors conscience de leur nudité et de leur faute, Adam et Eve se cachent loin de Dieu au milieu des arbres du jardin. Il en résulta cette mort tout d'abord spirituelle dont ils étaient avertis et qui va se traduire par une séparation radicale d'avec le Dieu Saint qui ne peut supporter le péché. Celui-ci leur fait part des conséquences de leur désobéissance : ils devront désormais travailler très dur pour tirer de la terre leur subsistance, la femme accouchera avec souffrance et leur durée de vie limitée les restituera à la poussière dont ils sont issus.

 

http://uartmart.com/img/paintings/l/Olena-Kormuhina-The-Tree-Of-Life.jpg

 

http://www.galerielaetitia.com/htm/artistes/larrieu/peinture%20larrieu%20ARBRE%20DE%20VIE%20146%20x%20114%20cm%20galerie%20laetitia%20brie%20comte%20robert.jpg

 

"L'Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. L'Eternel Dieu dit : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger et de vivre éternellement. Et l'Eternel Dieu le chassa du jardin d'Eden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. C'est ainsi qu'il chassa Adam ; et il mit à l'orient du jardin d'Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie."

La Bible, Livre de Genèse chapitre 3 versets 21 à 24

 

http://denis.leenhardt.free.fr/2008-encre40x50arbre%20de%20vie5%20-%20mars%202008.jpg

         

 

 

"Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence ! Car le gain qu'elle procure est préférable à celui de l'argent, et le profit qu'on en tire vaut mieux que l'or ; Elle est plus précieuse que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix. Dans sa droite est une longue vie ; Dans sa gauche, la richesse et la gloire. Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paisibles. Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et ceux qui la possèdent sont heureux." La Bible version Louis Segond, Livre des Proverbes chapitre 3 versets 13 à 18

 

"Heureux l'homme qui trouve la sagesse et découvre la raison. Les profits de l'argent, la richesse de l'or, n'offrent pas autant d'avantages. La sagesse a plus de valeur que des perles précieuses. On ne peut rien désirer de meilleur. Elle aide l'homme à vivre longtemps, elle lui procure prospérité et honneur. Elle le dirige sur des chemins agréables où il avance en toute sécurité. C'est un arbre de vie pour ceux qui la pratiquent, ceux qui s'y attachent sont heureux." La Bible en français courant de l'Alliance Biblique Universelle, Livre des Proverbes chapitre 3 versets 13 à 18.

 

    http://www.ebsqart.com/Art/Abstracts/BATIK-ON-CANVAS/367903/650/650/TREE-OF-LIFE-BATIK-IV.jpg

 

http://2.bp.blogspot.com/_QDEdwobPnVI/SZwer2zIsxI/AAAAAAAAAGY/bXiNSbTUY_A/s400/Indian+Tree.jpg

 

 "Les justes prospèrent comme des arbres verdoyants ...
Les actes du juste sont comme un arbre de vie. Le sage gagne les coeurs ..."

La Bible Version français courant, Livre des Proverbes chapitre 11 verset 28 (fin) et 30

 

http://fc00.deviantart.net/fs22/f/2007/357/b/2/Marjorie__s_Tree_of_Life_by_Kimmie028.jpg

 

http://sp8.fotolog.com/photo/40/61/62/klukluu/1216435201204_f.jpg

 

"Un espoir différé rend le coeur malade, mais un désir accompli est un arbre de vie"

"L'espoir qui tarde à se réaliser chagrine le coeur, le désir comblé est comme un arbre de vie"

La Bible, Livre des Proverbes chapitre 13 verset 12
(Versions Louis Segond puis Français courant)

 

http://judithshaw.files.wordpress.com/2011/09/tree-of-life72.jpg

 

 

365-1-.jpg

 

"La langue douce est un arbre de vie, mais la langue perverse brise l'âme."

"Une parole réconfortante est comme un arbre de vie, une parole cruelle est démoralisante."

La Bible, Livre des Proverbes chapitre 15 verset 4
(Versions Louis Segond puis Français courant)

 

http://3.bp.blogspot.com/_d8VyuAejKuk/SAxoqjm-7EI/AAAAAAAAAMA/FNBFMOavxaY/S660/l'arbre+de+la+vie.bmp

  http://artofthecovenant.ca/HPIM0751.JPG

 

"A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu."

"A ceux qui auront remporté la victoire, je donnerai à manger les fruits de
l'arbre de la vie qui se trouve dans le jardin de Dieu."

La Bible, Livre de l'Apocalypse chapitre 2 verset 7 (fin)
(Versions Louis Segond puis Français courant)
   

 

http://www.linternaute.com/temoignage/image_temoignage/400/que-etre-humain-humanise-que-souhaitez-planete_207160.jpg

 

arbredevie.jpg

 

A propos du nouveau ciel et de la nouvelle terre qui, à la fin du monde, remplaceront ceux que nous connaissons actuellement, l'apôtre Jean décrit cette ville nouvelle où tous les enfants de Dieu, ceux qui auront cru en Lui, vivront pour l'éternité :

"Rien d'impur n'entrera dans cette ville, ni personne qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge. Seuls entreront ceux dont le nom est inscrit dans le livre de vie de l'Agneau. L'ange me montra aussi le fleuve d'eau de la vie, brillant comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l'Agneau, et coulait au milieu de la place de la ville. De chaque côté du fleuve se trouve l'arbre de la vie, qui donne des fruits douze fois par année, une fois chaque mois. Ses feuilles servent à la guérison des nations."

La Bible Version Français courant, Livre de l'Apocalypse chapitres 21 verset 27 à 22 verset 2

 http://1.bp.blogspot.com/-BPgW34Z_tLw/TlkZqsWa8xI/AAAAAAAACkw/rYAnURhieoA/s1600/EL_ARBOL_DE_LA_VIDA%25255B1%25255D.JPG

 

 http://www.artekjara.it/Quadri/Affreschi/Moderni/vita.jpg

 

"Heureux ceux qui lavent leurs vêtements, et qui ont ainsi le droit de
 manger les fruits de l'arbre de la vie et d'entrer par les portes de la ville."

La Bible Version Français courant, Livre de l'Apocalypse chapitres 22 verset 14

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Vous pouvez retrouver la référence de chaque oeuvre, nom de l'artiste et titre de la toile ou de l'illustration, en pointant la souris sur la peinture ou l'image. Si vous en êtes propriétaire et ne souhaitez pas qu'elle figure dans ce blog, vous pouvez me le signaler par message sur contact (dans la rubrique présentation juste ci-dessus). Elle sera aussitôt enlevée. Les photos sans référence sont prises par Clairedelune, ou plus rarement, leurs auteurs n'ont pas été trouvés.

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    http://3.bp.blogspot.com/-2qIkn-24z7U/TecWjhxbgPI/AAAAAAAAG3U/UDISHaoSzkM/s1600/normal_Lowell-Herrero-Autumn-Cows%252C-De.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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