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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 17:30

J'aime beaucoup le mois de novembre pour les magnifiques couleurs qui illuminent les jardins, les bois ou les vignes : c'est toujours un sujet d'émerveillement de voir la forme des feuilles et leurs teintes automnales se décliner dans toute la palette des roux, des jaunes et des rouges. Moment idéal donc pour vous faire découvrir le poème du prêtre et poète Québécois Apollinaire GINGRAS et de belles illustrations où la feuille d'automne, emportée par le vent, est reine.

 

http://3.bp.blogspot.com/_PB-O1yT5EYg/TAcOOS_s5DI/AAAAAAAA9fo/S-9132hoEwg/s1600/10_jws_poemschildhood.jpg


Par la brise d'automne à la forêt volée,
Une feuille d'érable erre dans la vallée :
Papillon fantastique aux ailes de carmin !
Un enfant, qui folâtre au pied de la colline,
S'élance pour saisir cette feuille divine :
Enfin, la feuille est dans sa main.

Ne méprisez pas, je vous prie,
Cette feuille rouge et flétrie,
Léger débris de la forêt :
Dieu la chérit, puisqu'il l'a faite !
Pour cet enfant déjà poète,
Cette feuille - pour nous muette -
Porte du beau quelque reflet.

  http://www.oilpaintings-supplier.com/upfile/products/201311282173710745.jpg

 

Et l'enfant tient sa feuille, et son grand oeil rayonne.
Il contemple longtemps cette feuille d'automne :
Elle a des couleurs d'or, et des lignes de feu.
Le froid l'a fait mourir, et le vent dans la plaine
Depuis le point du jour sans pitié la promène :
Mais c'est encor l'oeuvre de Dieu !

Ne méprisez pas, je vous prie,
Cette feuille rouge et flétrie,
Léger débris de la forêt :
Dieu vainement ne l'a pas faite !
Pour cet enfant déjà poète,
Cette feuille - pour nous muette -
Porte du beau quelque reflet.

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2013/10/little-bo-peep.jpg?w=500

 

De ses légers ciseaux, la nature avec grâce
A découpé la feuille, et, d'espace en espace,
L'oiseau l'a, dans les bois, sculptée à sa façon.
Dans sa feuille, l'enfant voit des fleurs, voit des anges, -
Comme il verra, ce soir, des fantômes étranges
Dans le nuage à l'horizon !

Bonheur à toi, feuille flétrie,
Qui ce matin dans la prairie
Au gré du vent errais encor :
Car, grâce à toi, feuille éclatante,
D'un enfant que ta vue enchante
L'imagination riante
Vient d'entrouvrir ses ailes d'or !

 

http://i492.photobucket.com/albums/rr282/Danetta62/Kids%20paintings/donald-zolan-oil-painting-47-66.jpg

 

Un doux bruissement de la feuille froissée
Fait monter à son front une amère pensée :
L'enfant devient rêveur.- Dans un petit cercueil,
Un jour - ainsi craquaient les feuilles dans la plaine -
Il vit porter sa soeur là-bas, près d'un grand chêne...
Et quelques pleurs voilent son oeil.

Bonheur à toi, feuille bénie,
Qui ce matin rouge et flétrie,
Prenais ton vol dans la forêt :
Pauvre feuille sèche et sonore,
Chez un enfant tu fais éclore
Deux plaisirs que le coeur adore :
Le souvenir, et le regret !

  http://ichef.bbci.co.uk/arts/yourpaintings/images/paintings/sag/large/twms_sag_twcms_b4945_large.jpg

 

Laissez croître l'enfant, et ce sera peut-être,
Peintre ou musicien, dans l'art quelque grand maître -
A l'orage trouvant de sublimes accords,
Donnant une âme à tout, au soleil, à la brise, -
Aux voix du soir, au bruit du torrent qui se brise, -
Prêtant l'oreille avec transports !

Et maintenant, feuille flétrie,
Dans la forêt, dans la prairie
L'aile du vent peut t'emporter :
Dieu vainement ne t'a pas faite !
Car, grâce à toi, feuille muette,
Chez un enfant déjà poète

Le feu divin vient d'éclater !

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2014/03/lenfant-au-ruisseau.jpg

 

C'est un artiste en fleur que cet enfant étrange :
Peut-être sera-t-il Van Dick, ou Michel-Ange -
Faisant fleurir l'ivoire ou sourire l'airain.
Un jour peut-être, au front de quelque basilique,
Le marbre imitera, sous son ciseau magique,
La feuille qu'il tient dans sa main !

Et maintenant, feuille bénie,
Dans la forêt, dans la prairie,
L'aile du vent peut t'emporter !
Envole-toi joyeuse et fière :
Car, grâce à toi, feuille légère,
L'amour du beau, tendre mystère,
Chez un enfant vient d'éclater !

 

http://indulgy.ccio.co/CD/I6/RC/4e260d62e91500f5d49ed9d94f4eda04.jpg

 

Poème : "Feuille d'automne et jeune artiste" de Apollinaire GINGRAS   (1847-1935)

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 11:00

Nous ne voyons pas le vent même si nous en ressentons les effets et il est difficile de le décrire. Alors comment une petite fille aveugle peut-elle l'imaginer, elle qui vit dans le noir et essaie depuis toujours de savoir ce qu'est la couleur bleu. C'est un conte poétique que nous raconte Jean-Marie Gustave Le Clézio dans Peuple du ciel, un genre de rêve où les sensations de  Petite Croix prennent vie : sa manière de "voir" la lumière, les nuages ou les abeilles, est vivante et touchante. Mais c'est sa manière de décrire le vent que j'ai choisi de vous faire découvrir dans les extraits ci-dessous  ...

 

http://www.oilpaintingreproductions.us/images/artist/The%20Picnic%20Basket%20by%20John%20George%20Brown.jpg

 

Petite Croix aimait surtout faire ceci : elle allait tout à fait au bout du village et elle s'asseyait en faisant un angle bien droit avec la terre durcie, quand le soleil chauffait beaucoup. Elle ne bougeait pas, ou presque, pendant des heures, le buste bien droit, les jambes bien étendues devant elle. Quelquefois ses mains bougeaient, comme si elles étaient indépendantes, en tirant sur les fibres d'herbe pour tresser des paniers ou des cordes. Elle était comme si elle regardait la terre par dessous d'elle, sans penser à rien et sans attendre, simplement assise en angle droit sur la terre durcie, tout à fait au bout du village, là où la montagne cessait d'un seul coup et laissait la place au ciel ... Elle aimait bien sa place en haut de la falaise, là où les rochers et la terre sont cassés d'un seul coup et fendent le vent froid comme une étrave.

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2013/04/wild-grass-near-everest.jpg?w=500&h=375

 

Petite Croix touchait la terre avec la paume de ses mains, elle suivait lentement du bout des doigts les petites rides laissées par le vent et la poussière, les sillons, les bosses. La poussière de sable faisait une poudre douce comme le talc qui glissait sous les paumes de ses mains. Quand le vent soufflait, la poussière s'échappait entre ses doigts, mais légère, pareille à une fumée, elle disparaissait dans l'air.

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2012/12/barefoot-gal.jpg?w=500

 

Petite Croix aime bien quand il n'y a plus personne autour d'elle. Derrière son dos, les rues du village sont vides, si lisses que le vent ne peut jamais s'y arrêter, le vent froid du silence. Les murs des maisons à moitié ruinées sont comme les rochers, immobiles et lourds, usés par le vent, sans bruit, sans vie. Le vent, lui, ne parle pas, ne parle jamais. Il n'est pas comme les hommes et les enfants, ni même comme les animaux. Il passe seulement entre les murs, sur les rochers, sur la terre dure. Il vient jusqu'à Petite Croix et il l'enveloppe, il enlève un instant la brûlure du soleil de son visage, il fait claquer les pans de la couverture.

Si le vent s'arrêtait, alors peut-être qu'on entendrait les voix des hommes et des femmes dans les champs, le bruit de la poulie près du réservoir, les cris des enfants devant le bâtiment préfabriqué de l'école, en bas, dans le village des maisons de tôle. Peut-être que Petite Croix entendrait plus loin encore les trains de marchandises qui grincent sur les rails, les camions aux huit roues rugissantes sur la route noire, vers les villes plus bruyantes encore, vers la mer ?

 

http://media-cache-ak0.pinimg.com/736x/08/8d/47/088d4764c8c4f64c97840cbfa66138d7.jpg

 

Le vent siffle et gémit sur les pierres, sur la terre dure. Ce sont de longs animaux rapides, des animaux au long nez et aux oreilles petites qui bondissent dans la poussière en faisant un bruit léger. Petite Croix connaît bien les animaux. Ils sortent de leurs tanières, à l'autre bout de la vallée, et ils courent, ils galopent, ils s'amusent à sauter par dessus les torrents, les ravins, les crevasses. De temps en temps, ils s'arrêtent, haletants, et la lumière brille sur leur pelage doré. Puis ils recommencent leurs bonds dans le ciel, leur chasse insensée, ils frôlent Petit Croix, ils bousculent ses cheveux et ses vêtements, leurs queues fouettent l'air en sifflant. Petite Croix tend les bras, pour essayer de les arrêter, pour les attraper par leur queue.

"Arrêtez ! Arrêtez-vous ! Vous allez trop vite ! Arrêtez-vous ! "

 

http://3.bp.blogspot.com/-W-pCCdbVnRs/UEiiGWKSjaI/AAAAAAAAuDw/u7VoGPTUNAs/s1600/Scott+Burdick+++%2829%29.jpg

 

Mais les animaux ne l'écoutent pas. Ils s'amusent à bondir tout près d'elle, à se glisser entre ses bras, ils soufflent leur haleine sur son visage. Ils se moquent d'elle. Si elle pouvait en attraper un, rien qu'un, elle ne le lâcherait plus. Elle sait bien ce qu'elle ferait. Elle sauterait sur son dos, comme sur un cheval, elle serrerait très fort ses bras autour de son cou, et waoh yap ! d'un seul bond l'animal l'emporterait jusqu'au milieu du ciel. Elle volerait, elle courrait avec lui, si vite que personne ne pourrait la voir. Elle irait haut par dessus les vallées et les montagnes, par-dessus les villes, jusqu'à la mer même, elle irait tout le temps dans le bleu du ciel. Ou bien elle glisserait au ras de la terre, dans les branches des arbres et sur l'herbe en faisant son bruit très doux comme l'eau qui coule. Ce qui serait bien. Mais Petite Croix ne peut jamais saisir un animal. Elle sent la peau fluide qui glisse entre ses doigts, qui tourbillonne dans ses vêtements et ses cheveux. Parfois les animaux sont très lents et froids comme les serpents.

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2013/09/portrait-denfant.jpg?w=500

 

Petite Croix est toujours assise en équerre sur la terre dure et le soleil éclaire son visage de bronze. Le ciel est calme, comme s'il suspendait son souffle ... Puis le vent revient, froid maintenant, et elle tremble un peu sous sa couverture de laine. le soleil est bas, presque à l'horizontale, sa chaleur vient par bouffées, comme une haleine ... Elle tend les mains en avant, pour retenir l'air et la lumière. Elle ne veut pas s'en aller. Elle veut que tout reste, que tout demeure, sans retourner dans ses cachettes.

 

http://4.bp.blogspot.com/-HF7TIhVReGI/T2BtSOMszsI/AAAAAAAAJsA/zFWsMC_CzoU/s1600/1882-3c+A+Farmer%27s+Girl+Sitting+in+a+Meadow+oil+on+canvas+38.1+x+46.2+cm.jpg

 

J.M.G. Le Clézio - Peuple du ciel (extraits) de Mondo et autres histoires

 

 

http://hoocher.com/Jean_Francois_Millet/Shepherdess_Sitting_at_the_Edge_of_the_Forest_ca_1848_49.jpg

 

 

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 11:00

C'est une très belle histoire de marins racontée par Yves Duteil que je vous invite à découvrir ci-dessous, et à écouter  également le temps de visionner les toiles choisies pour illustrer ce texte magnifique.

 

http://uploads0.wikipaintings.org/images/vincent-van-gogh/fishing-boats-at-sea-1888-1%281%29.jpg!Large.jpg

 

http://uploads7.wikipaintings.org/images/eugene-boudin/open-sea-1889.jpg!Large.jpg

 

http://3.bp.blogspot.com/-uqRnYqw6afQ/USZyt6SfxdI/AAAAAAACc6o/iJ_1LFsg4tA/s1600/Winslow+Homer+1836-1910+-+American+painter+-+Tutt%27Art@+%2850%29.jpg

 

http://uploads1.wikipaintings.org/images/eugene-boudin/the-cliffs-at-etretat-1890.jpg

 

http://cfile210.uf.daum.net/image/20477F364C4FC565992BFD

 

 

http://uploads0.wikipaintings.org/images/egon-schiele/trieste-fishing-boat-1912.jpg!Large.jpg

 

http://uploads8.wikipaintings.org/images/ivan-aivazovsky/meeting-of-a-fishermen-on-coast-of-the-bay-of-naples-1842.jpg!Large.jpg

    http://uploads7.wikipaintings.org/images/joaquin-sorolla/the-arrival-of-the-boats-1907.jpg!Large.jpg

 

http://uploads6.wikipaintings.org/images/joaquin-sorolla/beaching-the-boat-study-1908.jpg!Large.jpg

 

http://uploads8.wikipaintings.org/images/joaquin-sorolla/boats-in-the-port-valencia-1904.jpg

 

Quand les bateaux reviennent
Il reste sur leurs flancs
Des lambeaux décevants
Du vent qui les emmène
Quand les bateaux reviennent

Et les marins du bord
Voient grandir la falaise
Et le curieux malaise
Et les lueurs du port
Où les femmes, au matin
Frissonnant sous le châle
Ont la lèvre un peu pâle
Et le coeur incertain

Car c´est le même vent
Qui trousse leurs dentelles
Emporte leurs enfants
Puis les ramène à elles
Il donne aux goélands
Cette lenteur si belle
Et fait de leurs amants
Des marins infidèles

Quand les bateaux reviennent
On les attache au quai
La longe et le piquet
Pour seuls fruits de leur peine
Quand les bateaux reviennent

Puis les marins s´en vont
Ecrasés de fatigue
Même le sol navigue
Au coeur de leur maison
Le lit déjà défait
Se couvre de soupirs
Et les femmes chavirent
Et leur espoir renaît

Car c´est le même vent
Qui souffle leur chandelle
Un soir où le printemps
Les a trouvées moins belles
Il donne aux océans
Quelques rides nouvelles
Et montre aux cerfs-volants
Tous les chemins du ciel

Alors, pour quelques jours
Le temps n´existe pas
C´est peut-être pour ça
Que les adieux sont lourds
Quand les bateaux repartent

Les femmes, au petit jour
A l´instant du départ
Cherchent dans leur mouchoir
Pour se compter les jours
Les grains déjà si lourds
Du chapelet d´ivoire
Et l´impossible amarre
Qui mène à leur amour

Mais c´est le même vent
Qui ramène au rivage
Un peu de l´océan
Jusque sur leur visage
Où la mer et le temps
De passage en passage
Ont creusé le sillage
Etrange et fascinant

D´un bateau qui voyage

 

Yves DUTEIL

 

http://3.bp.blogspot.com/-SBZvrAeJk34/ThkbfYkuKGI/AAAAAAAAq4I/jDJHlpByabA/s640/j2%2BJozef%2BIsra%25C3%25ABls%2B%2528Dutch%2BRealist%2Bpainter%252C%2B%2B1824-1911%2529%2BAnxiously%2BWaiting%2B%25282%2529.jpg

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:00

Le vent souffle très fort sur Carcassonne depuis deux jours et cette fois, n'arrive pas à évacuer la grisaille, la bruine et les nuages ... Les volets battent, le vent se jette violemment sur les obstacles en gémissant. Les oiseaux fendent l'air à toute allure, poussés par une main invisible ... C'est l'occasion rêvée pour partager avec vous le poème évocateur d'Oscar Vladislas de Lubicz Milosz, poète, dramaturge et romancier d'origine lituanienne (1877-1939) : il nous dévoile un vent personnifié, taquin et rieur, seigneur des éléments, représenté ci-dessous par les toiles de Claude Joseph Vernet, Denis Bazin, Walter Crane, John William Waterhouse, Ludwig Hans Fischer et Delphine Cossais. Laissez-vous donc emporter ...

 

http://www.myartprints.co.uk/kunst/claude_joseph_vernet/coastal_scene.jpg

 

http://www.2nislabarbouille.com/image/16_Octobre_2011_Coup_de_tabac__ws44214808.jpg

 

http://farm5.staticflickr.com/4004/4479923642_acbd73ca1e_z.jpg

 

 Le Vent (Extrait)

Je suis le vent joyeux, le rapide fantôme
Au visage de sable, au manteau de soleil.
Quelquefois je m’ennuie en mon lointain royaume ;
Alors je vais frôler du bout de mon orteil
Le maussade océan plongé dans le sommeil.
Le vieillard aussitôt se réveille et s’étire
Et maudit sourdement le moqueur éternel
L’insoucieux passant qui lui souffle son rire
Dans ses yeux obscurcis par les larmes de sel.
À me voir si pressé, l’on me croirait mortel :
Je déchaîne les flots et je plonge ma tête
Chaude encor de soleil dans le sombre élément
Et J’enlace en riant ma fille la tempête ;
Puis je fuis. L’eau soupire avec étonnement :
— C’était un rêve, hélas ! — Non, c’était moi, le Vent !
Ici le golfe invite et cependant je passe ;
Là-bas la grotte implore et je fuis son repos ;
Mais, poète ! comment ne pas aimer l’espace,
L’inlassable fuyard qu’on ne voit que de dos
Et qui fait écumer nos sauvages chevaux !
Il n’est rien ici-bas qui vaille qu’on s’arrête
Et c’est pourquoi je suis le vent dans les déserts
Et le vent dans ton cœur et le vent dans ta tête ;
Sens-tu comme je cours dans le bruit de tes vers
Emportant tes désirs et tes regrets amers ? [...]

O.V. de L. MILOSZ (1877-1939), Les Éléments, Poésies I
             Editions André Silvaire 1960

    http://3.bp.blogspot.com/_pGKKSeIs0ow/TBFzjlkNXsI/AAAAAAAAAn4/zf0LfP3Kxu4/s1600/Windflowers-JohnWilliamWaterhous-1.jpg

 

http://www.expo-orientalisme.be/images/content/1891_fischer_bedouins_dans_la_temete_de_sable_le_simoun_01.jpg

 

http://delphinecossais.typepad.fr/.a/6a00d835458e3653ef0167620044a1970b-pi

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 09:00

Avez-vous déjà manoeuvré un cerf-volant ? Evidemment, je ne parle pas du cervidé ci-dessous planant dans les airs, mais de cet engin qu'on fait flotter au gré du vent, pour le plus grand plaisir des enfants, et même des adultes ! Sachez donc que le cerf-volant n'a absolument rien à voir avec ce mammifère aux bois spectaculaires, mais que l'origine du terme viendrait de serp-volante, mot féminin de l'ancien français désignant un serpent ou un dragon...

L'envol des cerfs-volants

Plus connu aujourd'hui pour son côté ludique, il a eu pourtant bien d'autres fonctions, comme l'espionnage, la photographie, la météorologie, la transmission radio, le sauvetage en mer ou la traction de véhicules ou d'embarcations. Ceux qui jouent à les faire voler rivalisent pour battre tous les records avec ce bel oiseau léger qui se pare de formes et de couleurs très diverses : records de longueur, de hauteur, de surface, de durée de vol, de vitesse ... Mais ces prouesses ne se font pas sans un minimum de dextérité, de pratique ... et de vent bien sûr ! Et si vous essayiez à la prochaine petite bourrasque ? 

 

http://WahooArt.com/A55A04/w.nsf/OPRA/BRUE-8LJ7Y3/$File/JOHN-GEORGE-BROWN-FLYING-KITES.JPG

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/04/flying-kites.jpg

 

Le Cerf-Volant

Il scintille, l'oiseau de toile,
Là-haut, à la cime du vent.
Il tire sur la bride, il veut
Galoper seul vers les étoiles.

Tiens bon, ne lâche un peu de fil
Que pour mieux le reprendre.
Il est perdu si tu t'agrippes,
Le ciel l'aspirerait d'un coup.

Et toi, tu resterais tout seul
Avec entre les doigts
Un brin de fil rompu,
Le souvenir d'un rêve disparu.

Pierre Gabriel (L'oiseau de nulle part)

Go fly a kite, Peinture de Ian Macdonald

Go fly a kite, Peinture de Ian Macdonald

    Le cerf-volant

Soulevé par les vents
Jusqu'aux plus haut des cieux,
Un cerf-volant plein de superbe
Vit, qui dansait au ras de l'herbe,
Un petit papillon, tout vif et tout joyeux.

- Holà ! minable animalcule,
cria du zénith l'orgueilleux,
Ne crains-tu pas le ridicule ?
Pour te voir, il faut de bons yeux
Tu rampes comme un ver ...
Moi je grimpe je grimpe
Jusqu'à l'Olympe,
Séjour des dieux.

- C'est vrai, dit l'autre avec souplesse,
Mais moi, libre, à mon gré,
je peux voler partout,
Tandis que toi, pauvre toutou,
Un enfant te promène en laisse.

Jean-Luc Moreau

"La poésie comme elle s'écrit" de Jacques Charpentreau - Collection Enfance heureuse - Éditions ouvrières, 1979)

 

Kite flying, Peinture de Keith Melling

Kite flying, Peinture de Keith Melling

La Cometa, Peinture de Ignacio Pinazzo

La Cometa, Peinture de Ignacio Pinazzo

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:30

Le Vent, puissance invisible, insaisissable et enveloppante, peut se faire doux, timide, taquin ou violent, sauvage, indomptable. Voyageur infatigable, il visite le monde entier et nous accompagne au rythme des saisons, rapportant parfois dans sa traîne, quelques grains de sable ou une haleine réfrigérante, selon les contrées traversées. Pour le poète belge flamand Emile Adolphe Gustave VERHAEREN, c'est un véritable souffle de vie que le vent nous insuffle, comme vous le verrez en lisant son superbe poème à la gloire du vent ...

 

http://www.jwwaterhouse.com/paintings/images/waterhouse_boreas.jpg

 

- Toi qui t'en vas là-bas,
Par toutes les routes de la terre,
Homme tenace et solitaire,
Vers où vas-tu, toi qui t'en vas ?

- J'aime le vent, l'air et l'espace ;
Et je m'en vais sans savoir où,
Avec mon coeur fervent et fou,
Dans l'air qui luit et dans le vent qui passe.

- Le vent est clair dans le soleil,
Le vent est frais sur les maisons,
Le vent incline, avec ses bras vermeils,
De l'un à l'autre bout des horizons,
Les fleurs rouges et les fauves moissons.

 

https://deutschzusammen.files.wordpress.com/2014/10/la-fille-au-vent.jpg

 

- Le Sud, l'Ouest, l'Est, le Nord,
Avec leurs paumes d'or,
Avec leurs poings de glace,
Se rejettent le vent qui passe.

- Voici qu'il vient des mers de Naple et de Messine
Dont le geste des dieux illuminait les flots ;
Il a creusé les vieux déserts où se dessinent
Les blancs festons de sable autour des verts îlots.
Son souffle est fatigué, son haleine timide,
L'herbe se courbe à peine aux pentes du fossé ;
Il a touché pourtant le front des pyramides
Et le grand sphinx l'a vu passer.

 

Bedoins dans une tempete de sable, Peinture de  Ludwig Hans FISCHER

 

http://WahooArt.com/A55A04/w.nsf/OPRA/BRUE-8DP4SM/$File/CHARLES-COURTNEY-CURRAN-THE-CABBAGE-FIELD.JPG

 

- La saison change, et lentement le vent s'exhume
Vêtu de pluie immense et de loques de brume.

- Voici qu'il vient vers nous des horizons blafards,
Angleterre, Jersey, Bretagne, Ecosse, Irlande,
Où novembre suspend les torpides guirlandes
De ses astres noyés, en de pâles brouillards ;
Il est parti, le vent sans joie et sans lumière :
Comme un aveugle, il erre au loin sur l'océan
Et, dès qu'il touche un cap ou qu'il heurte une pierre,
L'abîme érige un cri géant.

    

http://artgallery.com.ua/pics/volosov/inet/061.jpg

 

- Printemps, quand tu parais sur les plaines désertes,
Le vent froidit et gerce encor ta beauté verte.

- Voici qu'il vient des longs pays où luit Moscou,
Où le Kremlin et ses dômes en or qui bouge
Mirent et rejettent au ciel les soleils rouges ;
Le vent se cabre ardent, rugueux, terrible et fou,
Mord la steppe, bondit d'Ukraine en Allemagne,
Roule sur la bruyère avec un bruit d'airain
Et fait pleurer les légendes, sous les montagnes,
De grotte en grotte, au long du Rhin.

 

Francisco-Goya-The-snowstorm

 

- Le vent, le vent pendant les nuits d'hiver lucides
Pâlit les cieux et les lointains comme un acide.

- Voici qu'il vient du Pôle où de hauts glaciers blancs
Alignent leurs palais de gel et de silence ;
Apre, tranquille et continu dans ses élans,
Il aiguise les rocs comme un faisceau de lances ;
Son vol gagne les Sunds et les Ourals déserts,
S'attarde aux fiords des Suèdes et des Norvèges
Et secoue, à travers l'immensité des mers,
Toutes les plumes de la neige.

 

http://www.1artclub.com/uploads/23-0216.jpg

 

- D'où que vienne le vent,
Il rapporte de ses voyages,
A travers l'infini des champs et des villages,
On ne sait quoi de sain, de clair et de fervent.
Avec ses lèvres d'or frôlant le sol des plaines,
Il a baisé la joie et la douleur humaines
Partout ;
Les beaux orgueils, les vieux espoirs, les désirs fous,
Tout ce qui met dans l'âme une attente immortelle,
Il l'attisa de ses quatre ailes ;
Il porte en lui comme un grand coeur sacré
Qui bat, tressaille, exulte ou pleure
Et qu'il disperse, au gré des saisons et des heures,
Vers les bonheurs brandis ou les deuils ignorés.

 

http://2.bp.blogspot.com/_CvDCiEFbNy8/THRzF0903_I/AAAAAAAAXG4/AZzDhQoybDQ/s1600/c16+Charles+Courtney+Curran+(1861-1942)+The+Green+Jacket+1917.jpg

 

  - Si j'aime, admire et chante avec folie
Le vent,
Et si j'en bois le vin fluide et vivant
Jusqu'à la lie,
C'est qu'il grandit mon être entier et c'est qu'avant
De s'infiltrer, par mes poumons et par mes pores,
Jusques au sang dont vit mon corps,
Avec sa force rude ou sa douceur profonde,
Immensément il a étreint le monde.

Émile VERHAEREN   (1855-1916)

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 20:30

Ce magnifique coq girouette découvert  sur un toit au détour d'une petite impasse du village de Roquefixade, dans l'Ariège, a de quoi être fier : il surveille tout au long des jours un paysage sublime de prairies et de montagnes et admire le Pog de Montségur dont on devine la silhouette à l'horizon. Et derrière ce coq fièrement dressé, bec ouvert sur un perpétuel chant, veillent les ruines du château de Roquefixade ... 

 

Coq-girouette.jpg

 "Si la girouette pouvait parler, elle dirait qu'elle dirige le vent."
Jules Renard

 

Montsegur.jpg

 

Chateau-Roquefixade-1--09-.jpg

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:00

Le vent qui souffle dans l'Aude si souvent a permis le développement de nombreuses éoliennes dans le département et l'on comprend aisément pourquoi quand on est aux prises avec sa force incroyable ! Certains ne voient pas d'un bon oeil l'implantation de dispositifs dénaturant les beaux paysages de notre région et il est vrai qu'on se passerait volontiers de certains alignements répétés d'éoliennes ... Certaines cependant, se fondent dans le paysage, s'y intègrent et forment des tableaux surréalistes. L'artiste américaine Marie Wise a été particulièrement inspirée par les éoliennes qu'elle a représentées sous forme de séries et dont elle a su faire ressortir la beauté. A vous de les découvrir ci-dessous et peut-être ensuite considèrerez-vous les éoliennes d'un autre oeil ...

 

http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2008_harvestwind.jpg

 

http://3.bp.blogspot.com/_QP0UiXcOErg/TJQsmpQaKnI/AAAAAAAABoY/4nq30jVGyZc/s1600/2006_klondike.jpg

 

http://3.bp.blogspot.com/_QP0UiXcOErg/TJQsahAmP8I/AAAAAAAABoI/fVM1OquGcsI/s1600/2009_OctoberWind_03.jpg

    http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2008_road.th.wind_.jpg

  http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2008_whiteCreekWind_G_03.jpg

 

http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2006_shadowotwind.jpg

 

http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2010_OctoberWind_04.jpg

 

http://3.bp.blogspot.com/_QP0UiXcOErg/SxBTu2wFNzI/AAAAAAAABLs/WCh6Mwor-2U/s1600/wind_morningwind.jpg

  

   http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2006_coppermtn.jpg

 

http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2007_sunflowersitwind.jpg

 http://www.mariewise.com/dev/wp-content/uploads/2011/03/2008_sunsetwind.jpg

 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 19:30

Si vous êtes déjà passé dans le beau département de l'Aude, vous aurez certainement remarqué qu'il y a du vent. Beaucoup de vent ! Au point que lorsqu'on débarque céans, il faut un certain temps pour s'y habituer. Plusieurs mois, parfois plusieurs années. Et cela n'a rien d'étonnant quand on sait que le vent souffle ici 300 à 350 jours par an, et pas une petite brise de rien du tout. Pour simplifier, on peut dire qu'il y a presque toujours du vent. Je lisais d'ailleurs récemment dans la presse locale que l'Aude est l'une des zones les plus ventées d'Europe. Alors comme je vis cela au quotidien, il m'a paru évident de faire entrer ce souffle dans l'univers de Clairedelune. Ne croyez pas que ce soit si pénible : l'été par exemple, lorsque la canicule sévit, on est bien content d'avoir ces vents rafraichissants. Bien sûr qu'on rouspète aussi quand les rafales durent depuis des jours et des jours. On est humain et c'est quand même fatigant. Mais ce n'est pas pour cela qu'on ferme tous les parcs et jardins, comme à Paris quand un coup de vent est annoncé : on ne les ouvrirait pas souvent sinon ! Et puis, cet air présente bien des avantages. Comme celui de sécher notre lessive en un temps record, en lui donnant cette bonne odeur de frais du linge séché dehors. Ne sont-elles  pas gaies toutes ces étoffes qui virevoltent ?

 

http://dvdb.fr/pics/paintings/lessive.jpg

 

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http://www.imageshotel.org/images/dwfineart2009/tourte10a.jpg

 

http://doudou.gheerbrant.com/blog2/wp-content/caillebottekoln.jpg

  

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http://images.fineartamerica.com/images-medium/public-laundry-ginger-concepcion.jpg

          http://www.repro-tableaux.com/kunst/egon_schiele/haus_trocknender_waesche_hi.jpg

     http://www.amis-arts.com/peintre/peintres_2/pissaro/galerie4/41_pissaro57.jpg

 

http://images.fineartamerica.com/images/artworkimages/mediumlarge/1/rural-laundromat-marsha-elliott.jpg

  

http://3.bp.blogspot.com/_W-5ja7hz5sk/TCPnCLOFjCI/AAAAAAAABZM/lWLP8oqKUyE/s1600/joybecky062410.jpg

 http://ih2.redbubble.net/work.6322647.3.flat,550x550,075,f.fresh-from-the-clothesline.jpg

 

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