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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 08:00
Personnage imaginaire, le lapin de Pâques est sensé, selon la tradition, distribuer la veille du matin de Pâques, des oeufs colorés ou décorés et des oeufs en chocolat. Cette coutume proviendrait d'une légende allemande dans laquelle une pauvre femme, ne pouvant offrir de douceurs à ses enfants, aurait décoré et caché des oeufs dans le jardin avant d'y envoyer les bambins. Ceux-ci, apercevant un lapin, pensèrent que c'était lui qui avait pondu les oeufs. Mais cette habitude évoque pour moi une charmante histoire que je lisais avec plaisir dans mon enfance et à laquelle je ne peux encore aujourd'hui m'empêcher de penser, sourire aux lèvres, lorsque j'admire un splendide coucher de soleil. Alors, j'ai décidé de vous l'offrir pour ce week-end de Pâques. Et pour accompagner mon histoire, une ribambelle de toiles où les lapins, yeux brillants et doux comme des doudoux, ont la vedette ... 
 
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GRAND-PAPA LAPIN
Au fond des bois, sous les bruyères, se cache une petite ville très prospère habitée par les lapins, c'est Jeannotville. Au centre de cette agglomération, on voit une chaumière construite en brindilles avec un joli toit marron.Tout le monde sait que c'est la demeure de l'arrière-grand-père Jeannot-Jeannot. Tous les petits lapins apprennent à l'école que cet arrière-grand-père Jeannot-Jeannot fonda Jeannotville au temps jadis. C'est l'ancêtre commun de presque tous ses habitants. Lui-même aimait à raconter à tous les petits lapins comment Madame Jeannot-Jeannot et lui, lorsqu'ils étaient plus jeunes, avaient trouvé ce beau terrain et comment ils y avaient construit leur petite maison en brindilles. Ils y avaient vécu très heureux, au fond des bois, et ils avaient élevé beaucoup d'enfants dans cette petite maison de brindilles.
 
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Et, bien-sûr, Papa Jeannot-Jeannot, comme on l'appelait à l'époque, était très pris par son travail, car il était décorateur des oeufs de Pâques. En grandissant, les enfants apprenaient à peindre les oeufs de Pâques. Bientôt, les enfants étaient grands, avec des familles à eux. Et ils s'installaient tout autour de la petite maison de grand-père Jeannot-Jeannot. C'est ainsi qu'après quelque temps, il se créa une ville qu'ils appelèrent Jeannotville. Maintenant, grand-papa Jeannot-Jeannot n'était plus tout seul à décorer les oeufs de Pâques et il avait le temps de s'occuper d'autres choses. Il enseigna aux jeunes lapins la manière de peindre des fleurs dans les bois. Il leur faisait essayer de nouvelles teintes de vert pour les fougères et pour la mousse. Ils faisaient de si belles choses que les promeneurs s'arrêtaient, émerveillés par les nouvelles couleurs. "La terre doit être bonne ici, ou bien il pleut beaucoup." Les petits lapins les entendaient et cela les faisait rire car ils savaient que grand-père Jeannot-Jeannot en était cause.
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Les années passèrent. Il y avait de plus en plus de familles à Jeannotville. Et de papa, Jeannot-Jeannot devint grand-père, puis arrière-grand-père. Il s'occupait toujours à peindre les fleurs, chaque printemps, et à décorer les oeufs pour Pâques. Ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants l'aidaient, si nombreux et si diligents qu'il aurait pu se reposer. Mais il trouvait toujours des choses à faire. En automne, il apprenait aux tout jeunes lapins à peindre les feuilles : du violet pour les arbres à gomme, du jaune pour les ormes, de l'écarlate pour les érables à sucre. Partout ils peignaient et coloriaient.
 
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Et les gens qui allaient se promener par là se disaient : " nous n'avons jamais vu de pareilles couleurs dans ces bois ! Les nuits doivent être très froides ! " Les lapins les entendaient et cela les faisait rire. Car ils savaient que toutes ces merveilles étaient l'oeuvre de leur arrière-grand-père. Les saisons passaient, et les petits lapins naissaient toujours plus nombreux à Jeannotville. Jeannot-Jeannot devint arrière-arrière-grand-père, puis arrière-arrière-arrière-grand-père. Et il trouvait toujours de nouvelles occupations et distractions pour les petits lapins de Jeannotville.
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En hiver, il leur apprenait à peindre des ombres sur la neige, des images sur les vitres gelées, et à polir la glace pour qu'elle brille comme le diamant. Le soir au coin du feu, bien à l'abri dans la petite maison en brindilles, il racontait des histoires passionnantes à chaque nouvelle génération de petits lapins. Les enfants lapins adoraient venir l'écouter et ils aimaient les jeux nouveaux qu'il inventait pour eux. Mais un jour vint où il sembla ne plus trouver rien de nouveau à leur faire faire ! Il organisa pourtant des équipes de petits lapins pour peindre les bourgeons au printemps. Il organisa d'autres équipes qui attendaient la naissance des papillons pour peindre leurs ailes de merveilleuses couleurs.
 
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D'autres encore étaient chargées de colorier les scarabées et toutes sortes d'insectes. Tout le bois sauvage étincelait de couleurs fraîches. Et maintenant, pensèrent les petits lapins, que va-t-il trouver à nous faire faire ? Eh bien, Jeannot-Jeannot l'aïeul restait beaucoup à la maison en ces temps-là, et il réfléchissait. Enfin, un jour, il appela les petits lapins et leur révéla un secret. "Mes enfants. Il faut que je m'en aille. Et je vais vous dire ce que sera mon prochain travail si vous promettez de garder le secret."
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Les petits lapins promirent. Et l'aïeul s'en alla. Les vieux lapins étaient bien tristes de son départ ; les enfants lapins souriaient de l'air de quelqu'un qui en sait long mais ils avaient promis de ne rien dire. Et puis un jour un orage terrible s'abattit sur Jeannotville et les environs. Tous les petits lapins coururent vite se mettre à l'abri dans leur maison. Quand la pluie se calma un peu, on vit les portes se rouvrir et tous les petits lapins se précipiter au dehors.
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" Venez voir !" criaient les lapins. Et ils firent une farandole. " Notre arrière-arrière-grand-père a encore fait des merveilles ! Venez voir ce qu'il a fait ! " Les promeneurs aussi s'émerveillaient. "Avez-vous déjà vu un coucher de soleil aussi somptueux ? " demandaient-ils. Les petits lapins les entendirent et pouffèrent de rire. Ils savaient ... Avant de partir, leur aïeul Jeannot-Jeannot leur avait confié qu'il s'en allait au ciel pour y peindre des couchers de soleil plus beaux que jamais.
     
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Histoire "Grand-Papa Lapin" extraite du Monde Enchanté  de Walt Disney Pays des Merveilles
(Les Editions du livre de Paris)
Peintures et illustrations trouvées sur le site : www.cuniculture.info 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 19:05

 

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 Helvelles crépues (ou oreilles de chat) trouvées aux environs de Valmigère (Aude) le 11/11/2012 

Champignon comestible mais légèrement toxique à l'état cru

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 23:55

Printemps ! En voilà un mot évocateur : il fait miroiter à nos yeux un feu d'artifice de couleurs, une explosion de vie, un bouquet de  parfums. Difficile d'imaginer l'arrivée du renouveau pour ceux qui, ces derniers jours, avaient les pieds dans la neige et la tête dans les nuages. Cependant si ce recommencement, ce bouleversement, n'est pas flagrant pour tous, il est impossible de ne pas remarquer le pétillement de la nature, la multiplication des fleurs blanches et roses dans le paysage et cette douceur qui, peu à peu, comme les minutes d'ensoleillement, gagne du terrain. Mais une chose est sûre : le sursaut désespéré de l'hiver, avec son bonnet de congères, son écharpe de givre, ses doigts de glace et sa traîne neigeuse, ne résistera pas au sourire du printemps. Laissez-vous gagner par le rayonnement des toiles ci-dessous et le verbe fleuri de poètes inspirés ...

 

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  La Dame de Printemps (extrait)

Ses longs cheveux d’aurore ogivant son front lisse,
La Dame du Printemps, en un songe éternel,
Au bord du lac où sonnent les cors d’Avenel
Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.

Parmi l’Avril épars, et les tièdes délices,
Limpide, elle sourit à l’azur fraternel.
Ses yeux ont la couleur du lac originel,
Et son corps se balance au rythme des calices.

          Albert SAMAIN

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Journée de Printemps

Ici, le rocher, l'arbre et l'eau
Font pour mon oeil ce qu'il convoite.
Tout ce qui luit, tremble ou miroite,
Forme un miraculeux tableau.

Sur le murmure qui se ouate
Le rossignol file un solo :
L'écorce blanche du bouleau
Met du mystique dans l'air moite.

A la fois légère et touffue
La lumière danse à ma vue
Derrière l'écran du zéphyr ;

Je m'attarde, et le soir achève
Avec de l'ombre et du soupir
La félicité de mon rêve.

Maurice ROLLINAT (1846-1903)

 

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       Le Coeur

Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles,
Vous êtes un jardin où les quatre saisons
Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles
Et des pommes de pin, dansent sur le gazon...
- Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vives
Vous êtes le coteau qui regarde la mer,
Ivre d'ouïr chanter, quand le matin arrive,
La cigale collée au brin de menthe amer.
- Vous êtes un vallon escarpé ; la nature
Tapisse votre espace et votre profondeur
De mousse délicate et de fraîche verdure.
- Vous êtes dans votre humble et pastorale odeur
Le verger fleurissant et le gai pâturage
Où les joyeux troupeaux et les pigeons dolents
Broutent le chèvrefeuille ou lissent leur plumage.
- Et vous êtes aussi, coeur grave et violent,
La chaude, spacieuse et prudente demeure
Pleine de vins, de miel, de farine et de riz,
Ouverte au bon parfum des saisons et des heures,
Où la tendresse humaine habite et se nourrit...

         Anna de NOAILLES

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 Que ma joie demeure (extrait)

On approchait de la forêt. Les feuilles n'étaient pas encore dépliées. La forêt ne parlait pas. Les bourgeons de la lisière qui étaient de clairs bourgeons de fayards et d'aulnes à profusion faisaient devant la route une barrière phosphorescente. La nuit était éclairée par les étoiles laiteuses et par la lueur des bourgeons. La forêt était toute en charpente, en piliers et en poutrelles. Les nuages passaient avec la petite pluie qui sifflait comme une couleuvre en s'enroulant dans les branches. Un moment, ils apportaient l'ombre opaque. Mais, dans tout ce qui n'était pas sous le nuage on pouvait voir l'échafaudage des arbres, la transparence des branches qui allaient, comme des poutres, de piliers en piliers sans porter de toiture et entre le feuillage desquelles continuait à trembler le ciel brasillant. Puis le nuage s'en allait. On voyait tout près de soi monter le tronc luisant d'un fayard, puis le corps d'un bouleau lisse et portant comme un pilier de marbre une frise de mousse à l'endroit où les branches venaient s'appuyer sur lui. De loin en loin, suivant le flagellement de la pluie qui vernissait des buissons d'aulnes aux bourgeons éclatants puis s'en allait pour les laisser à leurs lueurs, on voyait s'ouvrir des couloirs dans l'édifice de la forêt ; le souffle des lointaines clairières y bourdonnait et on apercevait là-bas loin, au fond des salles sonores, un petit osier blanc couronné de feuilles et qui dansait... D'un moment il n'y eut plus ni pluie, ni vent, et le calme chaud du printemps s'étendit. La forêt luisait. Elle était immobile de tous les côtés comme un bloc de pierre noire avec des paillettes de quartz. Les lueurs allongeaient des avenues où ne pouvaient passer que des rêves et qui s'enfonçaient sous les arbres ou montaient vers le ciel.

 

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... La forêt était déjà en pleine joie magique. Elle avait commencé sa fête nocturne de printemps... Un aulne avait ouvert brusquement ses bourgeons et déplié ses feuilles, et, de noir, il était devenu neigeux et frissonnant... Un érable venait de fendre ses bourgeons à fleurs. Il était allumé d'une lumière mate comme un arbre de farine. Chaque fois qu'il ouvrait un bourgeon, un petit éclair sautait tout luisant et l'odeur de sucre coulait. Des érables s'allumaient dans toutes les salles de la forêt. A la lueur des bourgeons ouverts on distinguait de nouvelles salles, de nouveaux piliers, de nouveaux couloirs, de nouvelles charpentes de branches. Les saules dépliaient leurs feuilles bourgeons à bourgeons le long de leurs branches droites. Il n'y avait que la lueur des étoiles et la lueur des bourgeons. Mais, plus que toutes les autres, les feuilles neuves du saule sont lumineuses et autour de chaque bourgeon elles éclairaient l'écorce d'or de la branche. Ainsi autour des saules s'élargissait peu à peu un halo couleur de cuivre... Partout les bourgeons s'ouvraient ; tous les arbres allumaient peu à peu des feuilles neuves. C'était comme la lueur de plusieurs lunes. Une lueur blanche pour les feuilles d'aulnes, les pétales d'érables, les feuilles de fayards, la mousse des peupliers ; une lueur mordorée pour les bouleaux dont le feuillage reflétait les troncs et se reflétait dans l'écorce ; une lueur de cuivre pour les saules ; une lueur rose pour les alisiers et un immense éclairage vert qui dominait tout, la lueur des feuillages sombres, les pins, les sapins et les cèdres.

Les odeurs coulaient toutes fraîches ; ça sentait le sucre, la prairie, la résine, la montagne, l'eau, la sève, le sirop de bouleau, la confiture de myrtille, la gelée de framboise où l'on a laissé des feuilles, l'infusion de tilleul, la menuiserie neuve, la poix de cordonnier, le drap neuf. Il y avait des odeurs qui marchaient et elles étaient si fortes que les feuilles pliaient sur leur passage. Et ainsi elles laissaient derrière elles de longs sillages d'ombres. Toutes les salles de la forêt, tous les couloirs, les piliers et les voûtes, silencieusement éclairés, attendaient. De tous les côtés on voyait les profondeurs magiques de la maison du monde. Le vent se fit attendre. Puis il vint. Et la forêt se mit à chanter pour la première fois de l'an. C'est le grand printemps ...

  Jean Giono (Que ma joie demeure, extraits)

 

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Le face à face

Toute droite, la violette,
Avec ses oreilles de faon,
Ecoute le chant triomphant
De la source qui la reflète.

Ah ! Quelle passion me pousse
A saisir ce gibier subtil,
Ce frais petit fauve d'avril,
Entre mon index et mon pouce ?

Je te hausserai vers la nue
Et je renverserai le front
Et face à face nous serons,
Moi le géant, toi la menue.

Si claire figure foncée,
Lueur montant du fond du noir,
Mon espoir et mon désespoir,
L'infini dans une pensée,

Fleur-enfant, très ancien sourire,
Eternel museau d'un instant,
Qu'avons-nous donc tous les printemps
De si pathétique à nous dire ?

Lucienne Desnoues

 

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  Ci-dessus peintures de Rahim Najfar (Artiste peintre installé à Bonnieux (84) 

 

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Soir de Printemps (extrait)

Premiers soirs de printemps : tendresse inavouée...
Aux tiédeurs de la brise écharpe dénouée...
Caresse aérienne... encens mystérieux...
Urne qu'une main d'ange incline au bord des cieux...
Oh ! Quel désir ainsi, troublant le fond des âmes,
Met ce pli de langueur à la hanche des femmes ?
Le couchant est d'or rose et la joie emplit l'air,
Et la ville, ce soir, chante comme la mer.
Du clair jardin d'avril la porte est entr'ouverte,
Aux arbres légers tremble une poussière verte.

Albert SAMAIN

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Enfance

Les persiennes ouvraient sur le grand jardin clair
Et, quand on se penchait pour se griser à l'air
Humide et pénétré de fraîcheurs matinales,
Un vertige inconnu montait à nos front pâles
Et nos cœur se gonflaient comme un ruisseau grossi,
Car c'était tout un vol de parfums adoucis
Dans l'éblouissement heureux de la lumière :
Les lilas avaient des langueurs particulières
Où se décomposait une odeur de terreau.
Tout le printemps chantait l'éveil des oiseaux
Et, dans le déploiement des ailes engourdies,
Passait le grand élan paisible de la vie.
Une rumeur sonore emplissait la maison.
On entendait des bruits d'insectes ; des frissons
Faisaient trembler les grappes mauves des glycines
Tandis qu'allégrement des collines voisines
Un parfum de sous-bois arrivait jusqu'à nous.
O matins lumineux ! matins dorés et flous,
Je vous respirerai plus tard à la croisée
Et vous aurez l'odeur des feuilles reposées.
Et ce sera comme un très ancien rendez-vous.

Francis CARCO

 

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Voici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons.
Rien ne vaut pour charmer une amoureuse fièvre,
Ô chevrier, le son d'un pipeau sur la lèvre
Qu'accompagne un bruit frais de source entre les joncs.

A l'ombre du platane où nous nous allongeons
L'herbe est plus molle. Laisse, ami, l'errante chèvre,
Sourde aux chevrotements du chevreau qu'elle sèvre,
Escalader la roche et brouter les bourgeons. 

José-Maria de HEREDIA  - La flûte (extrait)

 

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L'immense herbe infinie est un fourmillement ;
Partout le mouvement sans relâche et sans trêve,
Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève,
Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux,
Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ;
En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ;
On dirait que l'obscure immensité vermeille
Qui balance la mer pour bercer l'alcyon,
Et que nous appelons Vie et Création,
Charmante, fait semblant de dormir, et caresse
L'universel travail avec de la paresse.
Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur !

Victor Hugo - A Vianden (extrait)

  Progression du printemps Charles Daniel Ward

 

Printemps Mystique

Sous la lune bleue aux caresses molles,
Par le clair obscur des bois épineux,
Le Printemps s'avance aux sons lumineux
Des flûtes mêlées aux voix des citholes.

Entre des fronts blancs nimbés d'auréoles
Et des yeux rieurs d'enfants curieux,
Il passe à pas lents et mystérieux,
Et sur ses pieds nus pleuvent des corolles.

Cresson argenté, violettes fines,
Primevères d'or, pales aubépines
Tombent sur ses pas en clairs encensoirs ;

Et par les ravins, l'odorante neige
Des pommiers, fumant dans l'ombre des soirs,
Illumine Avril et son doux cortège.

Jean LORRAIN  (1855-1906)

 

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La Voix

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée,
Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous.

Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau
Elle ne parle que d'été et de printemps.
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.

Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ?
Elle dit "La peine sera de courte durée".
Elle dit "La belle saison est proche."

Ne l'entendez-vous pas ?

   Robert Desnos

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Le temps qu'il fera

Bonjour le matin
me voilà dehors
et mon nez est aussi grand
que tout le parfum que tu as bourré
dans ton plein sac à vide
ma bouche elle pourrait être aussi une force

Bonjour le matin
ça va
ma chaussure fait du bruit
comme dans une cathédrale
j'ai une poitrine gourmande comme un entonnoir
et quelque chose dedans
qui tambourine à éclater

ça n'empêche pas que j'ai un oeil et une oreille
tournés ensemble sur le secret des fleurs et des ruisseaux

Et je sais
le journal a mis des titres de deuil
je sais
je sais oui monsieur l'ouvrier avec ta musette
qui va prendre le train
qu'il fera encore plus beau
demain

Jean l'Anselme

    http://uploads7.wikipaintings.org/images/erte/cloudy-morning.jpg!Blog.jpgJe vais à la fenêtre et le ciel ce matin N'est ni rose ni honnête pour la peine
" Est-ce que tout va si mal ? Est-ce que rien ne va bien ? ... (Stephen Eicher)

Mais si, tout ira bien désormais : c'est le printemps ! 

 

http://4.bp.blogspot.com/-AmFcUqjIhTM/TxW_ZKWYUVI/AAAAAAAAGqY/rbo0CbEn60g/s1600/John+William+Waterhouse+-+Maidens+picking+Flowers+by+a+Stream.jpg

 

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Published by Clairedelune - dans Nature en poésie
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:00

Vous vous demandez sans doute ce qui est inscrit sur le billet que la charmante jeune femme peinte par Auguste Toulmouche est en train de lire ? Tout simplement : JOYEUX ANNIVERSAIRE ! Et c'est à ma soeur Michèle que j'offre ce bouquet pour l'assurer de mes pensées aujourd'hui.

 

http://24.media.tumblr.com/20459a7d0db381e80c11149646ec0e4f/tumblr_mgcb8xzXYV1r87i11o1_1280.jpg

 

 

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Published by Clairedelune - dans Pensées particulières
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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 06:00

Aujourd'hui, c'est la Saint-Valentin, jour où traditionnellement les amoureux se déclarent leur flamme ou la réaffirment en s'offrant un cadeau, ou en fêtant l'évènement au restaurant, par exemple. D'un point de vue commercial, cette journée nous est largement rappelée par les affiches, publicités et médias. Certains prennent des initiatives originales, comme la mairie de Carcassonne qui a lancé l'opération "mots doux" en offrant aux amoureux un espace sur les panneaux lumineux de la ville : les cinquante premiers à se manifester pourront ainsi afficher en grand et publiquement leur amour. Je préfère offrir discrètement aux amoureux de tous les âges les illustrations touchantes et originales de Sandra Poirot Cherif, accompagnées des mots vibrants de Victor Hugo. Et puis aussi une fleur en forme de coeur, cadeau à ceux qui n'ont pas d'amoureux, car on peut être seul et épris : de justice, de livres, de la nature, de peinture, d'absolu ou de la vie tout simplement ...

 

Valentin1.jpg

 

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !

     Victor Hugo (Extraits)

 

Valentin2.jpg

 

Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli
Oh ! quel bonheur profond, intime, recueilli !
Amour ! hymen d'en haut ! ô pur lien des âmes !
Il garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
- Chérie, n'est-ce pas ? cette vie est la nôtre !
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour !

                       Victor Hugo

 

Valentin3.jpg

 

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

       Victor Hugo (Extraits)

 

Valentin5.jpg

 

Illustrations de  Sandra Poirot Chérif (l'abécédaire des amoureux)

 

  http://curieux.dna.fr/local/cache-vignettes/L300xH252/abecedaire_amoureux-d6244.jpg

 

 

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Published by Clairedelune - dans Art et Culture
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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 18:00

Connaissez-vous ces beaux oiseaux ? Non, non, ce n'est pas parce qu'il fait un froid de canard que j'ai choisi de les publier aujourd'hui, mais plutôt à cause de leur belle couleur rousse, du miroir vert qu'ils ont sur les ailes (ne croyez pas que ça leur sert à se refaire une beauté !) et de leur fidélité exemplaire. Sachant que je les regardais, Madame a fait des effets d'éventail et Monsieur a tendu le cou pour que j'admire son collier noir.

  Canard1

 Canard2

 Canard3

 Tadornes Casarca du Parc Floral de Paris (mai 2012)

 

http://philafric.files.wordpress.com/2012/07/su5967.jpg  http://www.biologie.uni-hamburg.de/b-online/birds/1615_24.jpg 

 

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Published by Clairedelune - dans Mon bestiaire
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 22:30

Il est coutume, tout au long du mois de janvier, de formuler des voeux, souhaits de pure forme parfois, vrais et chaleureux d'autres fois, parce que venant du coeur ! Jadis, c'était l'occasion idéale pour garder contact avec relations et amis, choisir une magnifique carte que le destinataire pourrait poser sur la cheminée, épingler sur le mur, scotcher sur une porte, tout en échangeant les nouvelles de l'année écoulée. Mais les avancées technologiques, l'accession de presque tous aux mobile, smartphone, tablette et ordinateur, ont peu à peu réduit ces correspondances à des appels téléphoniques ou à de brefs échanges de sms et de mails.
Moi-même atteinte par cette "maladie" des temps modernes, j'ai abandonné peu à peu mes habitudes épistolaires et mes amitiés en ont certainement pâti. Car les écrits portés par le facteur n'ont pas la superficialité des échanges d'aujourd'hui : ils demandent plus de soin, de rigueur dans la rédaction ou l'orthographe, et l'expéditeur, lorsqu'il rédige son courrier, prend son temps, s'installe à un bureau, sur une table, relit les lettres précédentes, revit en quelque sorte la genèse de ses liens, cherche sincèrement ce qui pourrait faire le bonheur de son ami(e) dans la formulation de ses souhaits. Du moins, c'est ainsi que je l'imagine. C'est pourquoi je vous offre dans ce billet, les voeux simples mais profonds émis par Cécile Sauvage et immortalisés sur le papier, comme en témoignent les toiles ci-après. Des mots que vous pourrez lire et relire, méditer et garder, comme les lettres de ceux qui vous sont chers. De quoi donner envie, peut-être, de se remettre à l'écriture !

 

http://onokart.files.wordpress.com/2010/05/kilburne_george_goodwin_penning_a_letter.jpg

 

http://2.bp.blogspot.com/_I5F4U2tYwmk/TD6EkqcbTvI/AAAAAAAACX4/xvdNiIztKts/s1600/17175-woman-writing-a-letter-gerard-terborch.jpg

 

http://www.deyave.com/Arte/Pintura/Jan-Vermeer/Lady-Writing-a-Letter.jpg

 

http://3.bp.blogspot.com/-jobO5fvLr4w/T5PZ1ZQrv_I/AAAAAAAAjVo/hDyfTZGlcPs/s1600/_Federico+Zandomeneghi+(Italian,+1841-1917).+Jeune+fille+%C3%A9crivant+.+Oil+on+canvas,45.7+x+38.1+cm.JPG

 

http://flyingfox.jonathanjanson.com/wp-content/uploads/2008/11/girl_writing_a_letter.jpg

 

http://prints.encore-editions.com/500/0/american-art-artist-marguerite-pearson-women-writing-a-letter-0s-30x36.jpg

 

                     Voeux Simples

Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux éblouis de l'argent des poissons ;
Vivre du cliquetis allègre des moissons,
Du clair halètement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de l'enchantement lunaire au long des nuits
Que disent les crapauds sonores dans les trèfles.
Vivre naïvement de sorbes et de nèfles,
Gratter de la spatule une écuelle en bois,
Avoir les doigts amers ayant gaulé des noix
Et voir, ronds et crémeux, sur l'émail des assiettes,
Des fromages caillés couverts de sarriettes.
Ne rien savoir du monde où l'amour est cruel,
Prodiguer des baisers sagement sensuels
Ayant le goût du miel et des roses ouvertes
Ou d'une aigre douceur comme les prunes vertes
À l'ami que bien seule on possède en secret.
Ensemble recueillir le nombre des forêts,
Caresser dans son or brumeux l'horizon courbe,
Courir dans l'infini sans entendre la tourbe
Bruire étrangement sous la vie et la mort,
Ignorer le désir qui ronge en vain son mors,
La stérile pudeur et le tourment des gloses ;
Se tenir embrassés sur le néant des choses
Sans souci d'être grands ni de se définir,
Ne prendre de soleil que ce qu'on peut tenir
Et toujours conservant le rythme et la mesure
Vers l'accomplissement marcher d'une âme sûre.
Voir sans l'interroger s'écouler son destin,
Accepter les chardons s'il en pousse en chemin,
Croire que le fatal a décidé la pente
Et faire simplement son devoir d'eau courante.
Ah ! vivre ainsi, donner seulement ce qu'on a,
Repousser le rayon que l'orgueil butina,
N'avoir que robe en lin et chapelet de feuilles,
Mais jouir en son plein de la figue qu'on cueille,
Avoir comme une nonne un sentiment d'oiseau,
Croire que tout est bon parce que tout est beau,
Semer l'hysope franche et n'aimer que sa joie
Parmi l'agneau de laine et la chèvre de soie.

                  Cécile Sauvage

  http://1.bp.blogspot.com/-xe5NW8TQspQ/TbV2hCqpL6I/AAAAAAAAAB8/7Eqm1oO8mf8/s1600/bonnardr.jpg      http://www.chinaoilpaintinggallery.com/oilpainting/Gabriel-Metsu/Man-Writing-a-Letter.jpg

 

http://uploads0.wikipaintings.org/images/norman-rockwell/little-boy-writing-a-letter-1920.jpg

 

http://www.topart168.com/pic/Reproduction_Painting/United%20States/Anschutz,%20Thomas%20Pollock%201851%20-%201912/Woman%20Writing%20at%20a%20Table.jpg

 

http://25.media.tumblr.com/tumblr_lpjd7amEqI1qggigvo1_500.jpg

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 23:00

Se rendre à la Cité en hiver, c'est se retrouver tout d'un coup au moyen-âge, loin de la chaleur et de la foule estivales. En foulant les pavés des ruelles étroites, en admirant cette formidable silhouette hérissée de tours et découpée de créneaux, on se sent transporté dans une autre époque, celle des chevaliers, des croisades, du catharisme, et on essaie d'imaginer la vie d'alors, au temps de la prospérité et de la paix ... La Cité est presque déserte ! On peut, sans être bousculé, s'arrêter, lever la tête, examiner tel ou tel détail architectural, découvrir une poterne, un sentier inexploré ... Pas de bruit, les boutiques de souvenirs ont clos leurs volets, et de nuit, on oublie presque les accessoires de la modernité et du 21ème siècle, qui ça ou là, se sont glissés dans ce décor fabuleux : de quoi savourer pleinement cette plongée médiévale ! 

 

Cite-de-carcassonne.jpg

 

 

Cite-de-carcassonne3.jpg 

 Cite-de-carcassonne4.jpg

 

 Cite-de-carcassonne2.jpg

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 08:00

Au fil du temps, au fil des ans, beaucoup de jeunes femmes prénommées Anna (ou Hanna ou Ana) ont défilé sur les continents, dans les romans, sur les écrans et les podiums, splendides, élégantes, raffinées, tristes ou gaies, touchantes, altières, époustouflantes, talentueuses, inoubliables. 

Il y eut l'héroïne de Tolstoï, Anna Karénine, plusieurs fois incarnée au cinéma : 

 

http://www.doctormacro.com/Images/Garbo,%20Greta/Garbo,%20Greta%20%28Anna%20Karenina%29_01.jpg

  Anna Karénine, incarnée par Greta Garbo en 1935 

 

http://www.afcinema.com/IMG/filmon7609.jpg

  Anna Karénine, incarnée par Vivien Leigh en 1948 

 

http://blog.ken-okada.com/wp-content/uploads/2012/12/Ken-OKADA-Chemise-Femme-Chic-Th%C3%A8me-Eternel-Anna-Karenine-Sophie-MArceau.jpg

  Anna Karénine, incarnée par Sophie Marceau en 1997

 

http://s.plurielles.fr/mmdia/i/23/1/keira-knightley-maquillee-par-chanel-sur-le-tournage-d-anna-karenine-10794231cfgaf.jpg?v=1

  Anna Karénine, incarnée par Keira Knightley en 2012 

 

Il y eut aussi, Anna Pavlova, une ballerine russe, considérée comme la meilleure danseuse de ballet classique de l'histoire : danseuse étoile dès 1906, elle entra dans la légende grâce à son interprétation de La Mort du cygne :

 

http://lh3.ggpht.com/-Yl6ftevTpo0/UIRXDpdcDSI/AAAAAAABRoI/amD2IlSDARo/hint5monique_thumb%255B2%255D.jpg?imgmax=800

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/85/AP_Cygne.jpg

 

 

Il y eut des femmes de lettres, des femmes intelligentes et inspirées comme Anna de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan, belle poétesse et romancière française, qui attira dans son salon l'élite intellectuelle, littéraire et artistique de l'époque. Plusieurs peintres firent son portrait, notamment Philip Alexius de Laszlo dont vous pouvez admirer l'oeuvre ci-dessous :

 

http://images.fineartamerica.com/images-medium-large/anna-de-noailles-philip-alexius-de-laszlo.jpg

 

ou comme Hanna Arendt, philosophe allemande naturalisée américaine (1906-1975) dont les ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et dont la pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine :

 

http://www.jutarnji.hr/multimedia/dynamic/00284/Hannah_Arendt_284298S1.jpg

 

ou comme Anna Gavalda : active, moderne, ravissante, pétillante, nature, elle a un succès fou et à l'instar de Colette "souhaite, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne  " :

 

http://media.paperblog.fr/i/61/611501/5-questions-anna-gavalda-L-2.jpeg

 

Enfin, il y a les mannequins et les actrices d'aujourd'hui, jeunes, belles, ambitieuses :

http://2.bp.blogspot.com/_vX2JZHFno7o/TJnteRbRiHI/AAAAAAAAynY/xBEVb-JH6zc/s1600/Ralph+Lauren3.bmp

 Anna Selezneva, mannequin russe, née en 1990  

 

http://2.bp.blogspot.com/-2r2oJXdNXbc/T0sHbmXQZuI/AAAAAAAAK0I/cAaMALUIqmI/s1600/end.jpg

  Anna Karina, actrice, chanteuse et écrivaine née en 1940

 

http://i2.listal.com/image/950927/600full.jpg

 Anna Kendrick, actrice américaine née en 1985 (twilignt, in the air ...)

 

http://img844.imageshack.us/img844/6214/annapaquin12.jpg

  Anna Paquin, actrice néo-zélandaise-canadienne, née en 1982

 

Mais de toutes les Anna du monde, stars du passé ou du présent, celle que je préfère et qui les vaut bien, c'est ma nièce Hanna, à qui je souhaite non la gloire ou la richesse, mais un très heureux anniversaire aujourd'hui, en lui dédiant le poème d'Anna de Noailles intitulé La Jeunesse :

 

Tout le plaisir de vivre est tenu dans vos mains,
Ô Jeunesse joyeuse, ardente, printanière,
Autour de qui tournoie l'emportement humain
Comme une abeille autour d'une branche fruitière !

Vous courez dans les champs, et le vol d'un pigeon
Fait plus d'ombre que vous sur l'herbe soleilleuse.
Vos yeux sont verdoyants, pareils à deux bourgeons,
Vos pieds ont la douceur des feuilles cotonneuses.

Vous habitez le tronc fécond des cerisiers
Qui reposent sur l'air leurs pesantes ramures,
Votre coeur est léger comme un panier d'osier
Plein de pétales vifs, de tiges et de mûres.

C'est par vous que l'air joue et que le matin rit,
Que l'eau laborieuse ou dolente s'éclaire,
Et que les coeurs sont comme un jardin qui fleurit
Avec ses amandiers et ses roses trémières !

C'est par vous que l'on est vivace et glorieux,
Que l'espoir est entier comme la lune ronde,
Et que là bonne odeur du jour d'été joyeux
Pénètre largement la poitrine profonde !

C'est par vous que l'on est incessamment mêlé
A la chaude, odorante et bruyante nature ;
Qu'on est fertile ainsi qu'un champ d'orge et de blé,
Beau comme le matin et comme la verdure.

Ah ! jeunesse, pourquoi faut-il que vous passiez
Et que nous demeurions pleins d'ennuis et pleins d'âge,
Comme un arbre qui vit sans lierre et sans rosier,
Qui souffre sur la route et ne fait plus d'ombrage...

Anna de Noailles (La jeunesse)

 

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:15

Le charmant village de Tournon-d'Agenais, dans le Lot et Garonne, est une ancienne bastide royale fondée en 1271 par Philippe III, fils de Saint-Louis et perché sur une colline. Les plus sportifs peuvent y grimper par une volée de marches, pour ensuite admirer les remparts, le beffroy et son horloge lunaire, un ancien puits, l'ancienne maison des évêques, "l'abescat" et des maisons typiques magnifiques. Avec bien sûr, de belles portes qui attirent le regard, comme celles que vous trouverez ci-dessous. Malgré une fine bruine, j'ai eu beaucoup de plaisir à y faire une petite promenade digestive, le temps de parcourir les ruelles, d'admirer le panorama, de visiter l'église et d'examiner une maison du XIIIème siècle, toutes deux classées monuments historiques. Et si vous passez dans le coin, vous pouvez manger au restaurant Les Voyageurs, situé au rond-point juste sous l'oppidum : on  y déguste des produits du terroir de qualité. 

 

Porte-Tournon-d-Agenais-1.jpg

   Porte-de-Tournon-d-Agenais2.jpg

   Porte de Tournon d'Agenais3

   

Porte-de-Tournon-d-Agenais-5.jpg

  Porte de Tournon d'Agenais 4

 

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Présentation

  • : Le blog de Clairedelune
  • Le blog de Clairedelune
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Vous pouvez retrouver la référence de chaque oeuvre, nom de l'artiste et titre de la toile ou de l'illustration, en pointant la souris sur la peinture ou l'image. Si vous en êtes propriétaire et ne souhaitez pas qu'elle figure dans ce blog, vous pouvez me le signaler par message sur contact (dans la rubrique présentation juste ci-dessus). Elle sera aussitôt enlevée. Les photos sans référence sont prises par Clairedelune, ou plus rarement, leurs auteurs n'ont pas été trouvés.

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