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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 23:00

Le printemps est là depuis peu et déjà un souffle de douceur, de bonne humeur a vu le jour : le ciel est plus bleu, le soleil  plus présent,  l'herbe plus verte, les gens plus souriants. Les bras se dénudent, les jours rallongent, les fleurs se multiplient et la vie même semble offrir des moments plus sereins ... Alors, dans cette ambiance plus détendue, dans ces paysages qui s'illuminent et nous ravissent, les mots évocateurs viennent plus facilement aux lèvres, la nature invite à la poésie et  donne soif d'absolu :  voici quelques belles photos pour éblouir nos yeux, quelques vers pour nous ravir et une invitation à découvrir les vins élaborés par les lycées viticoles de France et à les déguster ... Détendez-vous, goûtez au renouveau apporté par le printemps, savourez les écrits de nos poètes et testez, avec modération bien sûr, les vins de ces beaux terroirs !

 

 

http://img137.imageshack.us/img137/3863/vignetonneamandierfilte.jpg

 

 

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise.

  Charles Baudelaire

(Petits poèmes en prose)

 


 Cep-et-muscari.JPG

 

Balade dans le vignoble français

Le nez du vin
(Philtre d´amour)

Vous me dites, Madame : "Ah que ce vin sent bon ! "
Venez donc avec moi, profitez d´un bon nez !
Des arômes du vin, retenez bien le nom
En découvrant les lieux où je vais vous mener :

Commençons en Alsace ; de Bergheim à Rouffach
Là, entre Vosges et Rhin poussent des raisins nobles
Exhalant en été, lorsque le soleil claque
Des senteurs d´eau-de-vie propres à ces doux vignobles.
Humez bien ce pinot et son odeur de pomme
Sentez tout aussitôt cette fleur d´oranger :
Ne distinguez vous point dans ce Riesling la somme
De parfums de citron et de fleurs du verger ?
Avalez les effluves du Tokay Pinot Gris
Ce sont des goûts de noix, de crème et de beurre frais
Du Gewurtztraminer extrayez le litchi,
Respirez le pétale de rose s´il vous plaît.

Avançons maintenant en pays bourguignon
Et découvrons, Madame, cette côte de Beaune
Dont la terre permet la délicate union
De vins rouges et blancs, pas très loin de la Saône.
Inclinez-vous devant Chassagne-Montrachet
Vin blanc unique au monde aux senteurs d´ananas
Et aussi de melon ; Du pommard approchez
L´odeur du minéral, la moiteur des sous-bois.
Quittons Beaune et sa côte, à la côte de Nuits
Rendons nous sans tarder, les grands vins sont légions
Et comme celles-ci s´annoncent à grands bruits
Au monde qui connaît tout entier la Région
Traquez le Nuits Saint Georges, respirez par le nez
Ses arômes de truffe et de terre mouillée ;
Sentez chez son voisin, la Vosne Romanée
Les fleurs et puis la mûre et le bois vanillé
Juste à la pointe d´herbes et noisette grillée
Quand Gevrey-Chambertin en concert réuni
Fruits noirs et chocolat, cassis et pain grillé.

Ne nous attardons pas et vers Bordeaux partons.
Tant de vins nous attendent, tant de crus nous appellent,
Qu´on a bien de la peine à retenir leurs noms,
A cerner les châteaux, à hanter les chapelles !
Goûtez au Pomerol, ce faubourg du Vieux port
De Libourne endormi, ces grands vins de Légende
Aux senteurs d´herbe fraîche, de truffe et de thé fort.
Puis à Saint-Emilion comme au temps des Jurandes,
Jouissez sans retenue des parfums de l´olive,
De l´arôme de menthe et d´herbes de Provence
Avant que nous allions là-bas sur l´autre rive.

Du pays de Sauternes où tout n´est qu´élégance,
Remerciez Botrytis, sa pourriture noble
Produit un nez de miel et de noix de coco :
Ce nectar vous enivre autant qu´un paso doble.
Aux rives d´à côté d´où l´on voit les côteaux,
Ce sont les vins de Graves mais ils ne le sont pas :
Ils jouent entre Garonne et la forêt landaise
Ont un parfum d´agrumes, de figue et de tabac ;
Ils se disent légers, mais ce sont des fadaises.

Madame, échappons-nous, filons vers le Médoc
En partant de Margaux jusqu'à Saint Estèphe.
Sur les rives pierreuses, pareilles à des rocs,
Portez votre regard que n´obstrue nul relief
Respirez longuement la fragrance du cèdre
L´odeur de la violette et celle du feuillage ;
Pareil à lui je tremble à l´idée de vous perdre
Et j´ai peur de ne pas terminer ce voyage.

Ah ! Quels regrets j´aurai à devoir vous quitter
Alors qu´en d'autres lieux du beau pays de France
Je vais avoir plaisir à vous accompagner !
On y trouve, Madame, autant de différences
Que de ravissements à voir votre beauté.

Je vais vous amener à Bourgueil, à Chinon,
A Sancerre, à Pouilly qui sont tout à côté ;
Dans les vins de Champagne en chantant votre nom
Je ferai mille voeux, vous ouvrirai la Voie
De la côte du Rhône comme de l´Hermitage.
Je poursuivrai la route jusqu´en Minervois
A Corbières, à Fitou pas très loin de la plage ;
Après une escapade aux rives de l´Adour
Nous irons à Buzet puis à Montbazillac.
Vous approchant de moi, vous sentirez l´amour
Que je veux vous donner chez moi à Bergerac

Si seulement Madame en offrant mes hommages
Je pouvais espérer de vous quelques faveurs
Mais ce nez qui vous sert est mon désavantage,
Sauf à vous respirer comme un bouquet de fleurs.
Et pourtant, enivrée par toutes ces senteurs
Peut-être voudrez-vous me dévoiler vos charmes
Oubliant un moment ce qui fait ma laideur ,
Ah Madame ! Que vois-je ? Mais oui ce sont des larmes !

Gérard Dauce

 

 

                        L'âme du Vin

 

Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles :
" Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J'allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux  jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "

Charles Beaudelaire 


 

vignes-au-printemps.jpg

 

        

 

Le vin est à la table ce que la fleur est au jardin, le soleil au verger
et l’amour au cœur des pauvres hommes : il parfume, il épanouit, il exalte.
C’est pourquoi il faut le boire avec tendresse, avec respect et avec gratitude. 

Berjanette

 

 

 

 

 

Attention, l'abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez donc avec modération !

 

 

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Published by Clairedelune - dans Terres de vignes
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