Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:00
Quand on pratique la marche, il est de 1ère importance de trouver chaussures à ses pieds. Et je parle bien là au sens littéral du mot, du soulier qui convient et non d'un éventuel-le compagnon ou compagne. Opération primordiale, car de la qualité de la chaussure, dépendra le bien-être du marcheur et le plaisir qu'il aura à arpenter les chemins, les montagnes, les campagnes sans désagréments. Comment doit-on se chausser pour randonner, quelles chaussures choisir, comment protéger ses pieds, peut-on se passer de chaussures ou faut-il les user jusqu'au bout, bref quelle relation entretenir avec la chaussure, telle sont les questions soulevées ci-dessous ... Car tout dépend de la chaussure pour avoir le pied léger, les orteils en éventail, le pied au sec, et marcher d'un bon pied, sans lacher pied. Alors, prêt à mettre le pied dehors ?
   
En-rando-02.jpg
          
Un voyage, fût-il de 1000 lieues, commence sous votre chaussure.
Confucius
   http://websmithsolution.net/pages/entries/images/creative-funny-adds/creative-funny-ads-26.jpg
      
Quand on se décide à marcher, il faut prendre soin de nos pieds et choisir les chaussures qui leur éviteront de surchauffer, de s'enfammer ou de se tordre. Pour cela il faut prendre en compte la destination, le type de terrain fréquenté et son niveau, par exemple des pieds habitués à marcher auront besoin de moins de protection que des pieds peu sollicités. Dans tous les cas, il faut prendre son temps, mettre les mêmes chaussettes que celles utilisées pendant la marche et essayer les deux chaussures (nous avons tous un pied plus fort que l'autre). Marchez en peu dans le magasin pour évaluer le confort et les éventuels points douloureux et "cassez" toujours les chaussures neuves lors de petites sorties. Je vous invite à lire attentivement tous les points importants à examiner dans le choix de chaussures de marche : c'est ici
      
http://www.altitoo.com/blog/wp-content/uploads/2011/07/chaussure1.jpg
        
http://WahooArt.com/A55A04/w.nsf/OPRA/BRUE-8BWUT7/$File/MAXFIELD-PARRISH-ECSTASY.JPG
    
Certains préconisent de marcher pieds nus. Cette pratique apporterait de nombreux avantages physiques et psychiques, favorisant la santé de nos pieds : ceux-ci deviennent plus musclés, reprennent leur forme naturelle, stabilisent le corps, développent de la corne qui les rend plus résistants aux agressions extérieures et découvrent à nouveau le sens du toucher. La marche devient plus souple, diminue les traumatismes du dos, renforce les muscles des jambes, et a un effet positif sur les problèmes d'équilibre et de coordination. Marcher pieds nus permet de renforcer le système immunitaire et de lutter contre les refroidissements. Enfin, les tensions dues au stress sont diminuées, les zones réflexes du pied sont massées de façon naturelle, permettant une détente en profondeur et le fait de marcher dans l'herbe fraîche, dans la boue, sur du sable ou sur des feuilles mortes sont des expériences sensorielles nouvelles et très agréables. Et pour découvrir la nature, marcher pieds nus permet une autre approche, beaucoup plus silencieuse et plus lente que la marche avec des chaussures. L'attention est plus élevée et il est plus facile d'observer les animaux. Cependant la plupart des gens ne marchant jamais pieds nus en dehors de leur domicile, il convient de débuter très doucement pour ne pas fragiliser le pied, dont la peau est fine et sensible. L'idéal est de commencer sur de courtes distances, dans un jardin, un parc, à la plage ou dans des pâturages en prenant garde aux débris pouvant causer des blessures. Il est tout à fait normal au début de ressentir des sensations douloureuses dues à l'hypersensibilité des pieds. Celles-ci devraient disparaître avec un peu de pratique. L'essentiel est d'aller très progressivement pour habituer son corps et éprouver du plaisir à marcher pieds nus. Attention, il peut y avoir des effets négatifs, des précautions à prendre et des contre-indications. Si le sujet vous intéresse, visitez le site de Corine Estoppey : c'est ici
   
http://www.graphicsart.org/wp-content/uploads/2010/12/Shoes-Arts-Image.jpg      
Le pied du poète 
  
Serge Pey n’a pas le permis de conduire. Pour lui un poète, toujours sauvage, rit du permis de conduire, qui est délivré par l’Etat, qui fonde donc l’Etat, et qui arrache à la terre et à ses chemins. Pour Pey, un poète ne roule pas. Il marche. Il marche avec ses pieds, comme Rimbaud, il frappe la terre avec ses pieds, comme  la Joselito, car, pour lui, « un poème se fait avec les pieds», et mène, comme la Bohême de Rimbaud, à la rencontre du pied et du coeur. Le pied de Pey n’est pas celui qui foule les pelouses très vertes sous les gradins et les sifflets, mais celui de la Marche de la Poésie, qui invente la terre, comme « les îles », selon lui, « inventent la mer » ... « Marcher avec un poète c’est changer les chaussures de la poésie, c’est l’écouter avec des pieds dans les oreilles » ...
Pey lit la terre avec ses pieds, et nous invite à lire ses pieds, à entendre « ses pieds hors de lui » . Ses pieds sont en scène, sur terre, à voir, à lire, à entendre. Ce sont de gros lourds pieds, toujours chaussés d’épais systèmes obscurs de lacets, avec de fortes semelles, des chaussures de marcheur, fatiguées, comme volées dans le tableau de Van Gogh... Et il frappe de ses pieds la terre, et le rythme se construit, Il monte en poème avec ses pieds ...
Il faut ici songer au rapport du pied et de la chaussure, ou du soulier, termes si importants chez Pey. Pey et soulier se joignent, ou se disjoignent, selon les moments, comme des mots. Le pied se délivre du soulier, le soulier se délivre du pied. Parfois, ils s’ignorent. Pieds et souliers sont libres dans un rapport de désir, de distance et de dés, et s’ils ne se connaissent même pas, ils se composent dès lors ensemble dans l’unité paradoxale du bâton : « Tout bâton est un soulier qui n’a jamais connu son pied » ... « Les hommes grandissent derrière leurs chaussures clouées contre leurs pieds »
 
Extraits d'un article de  Yves Le Pestipon à propos de  Serge Pey et du pied
(pour lire l'article en totalité, cliquez ici)
 
http://features.cgsociety.org/stories/2005_05/girl_iron_shoes/the-girl-in-the-iron-shoes.jpg
 
PRIÈRE DE CELUI QUI MARCHE
(Texte de Jean Debruynne, trouvé à l'Église de Manciet)
Je serai pèlerin. Je marcherai.
Je marcherai sous le soleil trop lourd,
Sous la pluie à verse
Et dans la tourmente.
En marchant, le soleil réchauffera
mon cœur de pierre
la pluie fera de mes déserts un jardin.
A force d'user mes chaussures,
j'userai mes habitudes.
Je marcherai,
et ma marche sera démarche.
J'irai moins au bout de la route qu'au bout de moi-même.
Je serai pèlerin.
Je ne partirai pas seulement en voyage,
je deviendrai moi-même un voyage,
un vrai pèlerinage.
  
    
     
Gare aux chaussures neuves qui rendent vulnérable le marcheur : très vite, les aspérités de la matière se transforment en écorchures ou en ampoules et métamorphosent en calvaire le plaisir escompté. Cependant, peu à peu, les chaussures se font au pied, ou les pieds aux chaussures ...
  
  
 
 
... d'où l'importance de choisir les bonnes chaussures !
 
          
 
 
 
 
 
 
 
  
   
Pour le voyageur à pied, la chaussure est tout,
le chapeau, la blouse, la gloire, la vertu, ne viennent qu'après.
   
  
   
http://2.bp.blogspot.com/_EW25nwwkLM0/TCM22OCQiBI/AAAAAAAAEy4/OV5iKlyhXFI/s1600/Image+8.jpg
      
Trop serrés dans nos chaussures, nos doigts de pieds ne peuvent plus bouger. La plante des pieds brûle et une petite ampoule s’est formée au niveau du talon. Il ne reste plus que quelques mètres et ce sont les plus difficiles à faire ! Enfin, on ouvre la porte de la maison, on enlève sa veste, son gros sac à dos et on s’assied. On desserre lentement les lacets, on appuie avec son pied sur l’arrière de l’autre pied pour faire voler la chaussure dans les airs. Pour l’autre pied, on utilise ses mains. Et là : la délivrance ! On plie et on déplie ses doigts de pieds, on ferme les yeux et enfin on respire, profondément. A partir de là, le bien être s’installe des pieds … à la tête !    Jean-Luc Despretz
  
   
null
  
 Rimbaud, surnommé "l'homme aux semelles de vent" par Verlaine ou le "passant considérable" par Mallarmé, a été un grand piéton et ce, depuis sa jeunesse. De 19 à 23 ans, il vagabonde en Belgique, en Angleterre, en Allemagne  ou ailleurs. Il va de Charleville à Milan en effectuant le parcours presque entièrement à pied. Puis les fugues et les marches en liberté cèderont la place à des déambulations plus intéressées et écrasantes par la lassitude qu'elles entraînent : il fera ainsi des marches épuisantes dans les pires conditions dans le Harar, en Ethiopie. Un trajet que jamais les mulets ou les chevaux ne faisaient plus d'une fois dans leur existence et que le poète effectuera à pied une quinzaine de fois. Des marches lancinantes et non sans dommages pour sa santé puisqu'il leur attribuera le cancer qui ronge ses genoux et lui fera perdre sa jambe.
  
David le Breton, anthropologue (Eloge de la marche)
  
http://www.repro-tableaux.com/kunst/hieronymus_bosch//Der-Landstreicher.jpg
       
     Ma Bohème

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur ! 

Arthur Rimbaud (1854-1891)
 
    
http://www.artistsnetwork.com/wp-content/uploads/2009/01/Erma-Pierce-Daddys-Shoes.jpg
     
Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m'ont porté de l'école à la guerre
J'ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère.
 
Moi, mes souliers ont passé dans les prés
Moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d'une...
 
Félix Leclerc (Extrait) 
     http://www.easyvoyage.com/images/attractions/4721/570x360/6926.jpg
  
Il est notoire que "les kilomètres à pied, ça use les souliers" ! Alors, par pitié,
 ne vous débarrassez pas de vos vieilles chaussures n'importe où !
 
Chaussures-en-l-air.jpg
    
     

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Michèle Reiss 11/03/2012 21:02


Très complet , ton article!


J'ai lu presque tous les liens aussi et c'est vraiment très intéressant...


Je vais essayer de marcher pieds nus ce printemps!

Présentation

  • : Le blog de Clairedelune
  • Le blog de Clairedelune
  • : Plaisir de partager des poésies illustrées de peintures ou de photos, les randonnées et sites autour de Carcassonne, mes découvertes de champignons, de fleurs, de vaches, de portes, les créations en bois de mon père, les gîtes et hôtels chouettes testés ...
  • Contact

Traduction

Rechercher

Peintures du blog

Vous pouvez retrouver la référence de chaque oeuvre, nom de l'artiste et titre de la toile ou de l'illustration, en pointant la souris sur la peinture ou l'image. Si vous en êtes propriétaire et ne souhaitez pas qu'elle figure dans ce blog, vous pouvez me le signaler par message sur contact (dans la rubrique présentation juste ci-dessus). Elle sera aussitôt enlevée. Les photos sans référence sont prises par Clairedelune, ou plus rarement, leurs auteurs n'ont pas été trouvés.

Archives

 

 

 

autour de la cité carca

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

65654943[1]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    http://3.bp.blogspot.com/-2qIkn-24z7U/TecWjhxbgPI/AAAAAAAAG3U/UDISHaoSzkM/s1600/normal_Lowell-Herrero-Autumn-Cows%252C-De.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

null