Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 14:00

 

Symbole de paix, de sagesse et d’éternité, généreux présent de Dieu, l’olivier est un arbre d’exception qui opère une véritable fascination. Sa silhouette noueuse d’une noble beauté évoque le soleil, la chaleur et le chant des cigales. Son feuillage gris vert persistant en fait toute l’année l’un des plus beaux arbres. Il a également inspiré au fil des âges les artistes, écrivains, ou peintres et même les simples mortels admiratifs, pour notre plus grand bonheur ! C'est ce ressenti, cette émotion, que j'ai envie de vous faire partager ...
 

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 Dans une société qui ne connaît plus la patience, je voudrais aborder la littérature de la Méditerranée avec un regard particulier, en choisissant comme guide, pour traverser cette mer d'une rive à l'autre, l'olivier. L'olivier et la littérature méditerranéenne ont des caractères identiques. Les espèces d'oliviers qui poussent en méditerranée se comptent par milliers : c'est un arbre qui est présent sur toutes les côtes, et dans tous les premiers arrière-pays. Mais il a en même temps un besoin essentiel : la spécificité du lieu. Il y a autant d'espèces d'oliviers que de points de vue sur la méditerranée. De la même façon, la littérature de cette mer est toujours extrêmement localisée, et ce sont ces racines qui lui permettent son développement, son caractère transversal. Et puis, les oliviers, apparus en Arménie il y a une dizaine de milliers d'années, se sont répandus depuis toutes les terres du bassin, jusqu'au Portugal et au Maroc. La littérature méditerranéenne n'a pas fait autrement : à partir d'une origine géographique quasi identique, elle a pu accueillir tous les imaginaires, aussi nombreux que les espèces d'oliviers...

"Pour une littérature de l'olivier" Costanza Ferrini

(texte extrait des chroniques de La Bibliothèque de midi)

 

 

 

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Les feuilles de l'olivier, très petites, vertes, à la face intérieure argentée, restent trente à trente six mois sur l'arbre, avant de jaunir et de tomber. Les petites fleurs blanches, en grappes dressées, dégagent un parfum de réséda et attirent de nombreux insectes. L'arbre est pourtant à fécondation exclusivement anémophile, c'est à dire assurée par le vent. Les fleurs fécondées sont suivies par des fruits : les olives qui, d'abord vertes et lisses, deviennent noires et plissées à maturité complète.  

 

 

 

 

L'olivier ! Naturellement ce n'est pas original, mais on a les arbres que l'on peut et celui-là a toutes les vertus. D'autres essences ont plus de prestige. La littérature les a chantées sur tous les tons. Elle a dit la beauté rectiligne des cèdres, ceux du Liban, dont elle a même entendu les choeurs, mais les nôtres ne sont pas moins altiers ni moins harmonieux ; je les trouve même plus humains...

L'arbre de mon climat à moi, c'est l'olivier ; il est fraternel et à notre exacte image. Il ne fuse pas d'un élan vers le ciel comme vos arbres gavés d'eau. Il est noueux, rugueux, il est rude, il oppose une écorce fissurée mais dense aux caprices d'un ciel qui passe en quelques jours des gelées d'un hiver furieux aux canicules sans tendresses. A ce prix, il a traversé les siècles. Certains vieux troncs, comme les pierres du chemin, comme les galets de la rivière dont ils ont la dureté, sont aussi immémoriaux et impavides aux épisodes de l'histoire ; ils ont vu naître, vivre, et mourir nos pères et les pères de nos pères. A certains on donne des noms comme à des amis familiers ou à la femme aimée (tous les arbres chez nous sont au féminin) parce qu'ils sont tissés à nos jours, à nos joies, comme à la trame des burnous qui couvrent nos corps...

 

  Mouloud Mammeri (1917-1989)

 écrivain, anthropologue et linguiste algérien

 

 

 

 

  

 

  L'oulivié à cent an es encaro un enfant - A cent ans, l'olivier est encore un enfant    

 

 

 

  

 

Les origines de l'olivier se confondent avec la mythologie grecque : en effet, une légende grecque voudrait que l'olivier cultivé soit le fruit d'une querelle entre Athéna, déesse de la Sagesse et de la Science, et Poséidon, dieu de la mer, à propos de la protection d'une ville nouvelle. Pour les départager, Zeus, le Dieu des dieux, leur proposa de faire chacun un don à l'humanité. Les hommes les départageraient en indiquant le don le plus utile. Poséidon brandit alors son trident et fil jaillir d'un rocher un cheval magnifique pouvant porter cavalier et armes, traîner des chars et faire gagner des batailles. Athéna se pencha alors sur un morceau de terre, le toucha avec sa lance et en fit sortir un arbre éternel permettant de nourrir, soigner les blessures et tous les maux. L'olivier, car tel était l'arbre ainsi sorti du sol, fut déclaré "le don le plus utile à l'humanité" et Athéna obtint la protection de la ville qui porte toujours son nom : Athènes. Ainsi, l'histoire de l'olivier se perd dans la nuit des temps et se confond avec celle des civilisations qui se sont succédées en Méditerranée et qui ont à jamais marqué de leur empreinte la culture de ce morceau du monde.

 

 

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Le saviez-vous ?

Sur le drapeau de l'ONU, la couronne de rameaux d'olivier entourant le monde symbolise la paix universelle. L'habit vert des membres immortels de l'Académie française doit son nom aux broderies vertes qui le décorent et qui représent un motif de branche d'olivier. Ce motif ornait aussi naguère la pièce de monnaie française de un franc.

                   

 

 

 

 

 

Mon pied est imposant, ma coiffure modeste

D'un feuillage plaisant, j'accompagne mes gestes.

J'occupe le côteau et sa terre rebelle

C'est tout ce qu'il me faut et je leur suis fidèle.

Sous le soleil ardent, je ne pers pas courage

Des pétales d'argent éclairent mon visage.

Je suis plutôt discret, à travers les saisons

Je suis un familier, ami de la raison.

A la fin de l'été, quand les autres pâlissent

Je suis très excité, mes branches s'alourdissent.

Avec dextérité, des mains pressées s'agitent

Je me sens honoré, on vante mes mérites,

Et depuis si longtemps, que personne ne sait,

N'a pu compter les ans, depuis que je suis né ...

 

Manon

 

 

 

  

 

L'olivier est aussi cité plusieurs fois dans la Bible : la colombe lâchée par Noé après le déluge revint tenant en son bec une feuille d'olivier, après avoir trouvé une terre émergée (Genèse ch 8 v 11). Jacob enduisit d'huile d'olive la pierre de Bethel après sa vision de l'échelle céleste (Genèse ch 28 v 18). Dans le judaïsme et le christianisme, l'huile d'olive est utilisée pour les onctions sacramentelles et l'olivier symbolise la paix, la réconciliation, la bénédiction et le sacrifice. Le peuple d'Israël est souvent comparé à un "olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit", planté par Dieu (Jérémie ch 11 v16). "Il poussera des racines, ses rameaux s'étendront et il aura la magnificence de l'olivier (Osée ch 14 v 6).

 

 

 

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Il y a autant de choses à voir dans un olivier que dans tout le reste du monde. Il faut simplement prendre le temps de regarder comme il s'est donné le temps de nous aider à vivre. Après une longue fréquentation avec de tels arbres, la leçon à retenir est bien celle de la patience, celle du temps de la croissance.

René FREGNI

 

 

 

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Tout olivier donne sa lumière, qu'il soit d'Orient ou d'Occident. C'est de la variété de sa diffusion géographique, toujours conjuguée à un "ici" précis, que jaillissent sa puissance et celle de sa littérature. L'olivier crée, par sa présence, un lieu. Il devient abri. 

Dans un passage de l'Odyssée, quand Ulysse fait naufrage dans l'île des Phéaciens, à bout de forces, perdu, il cherche un abri où reprendre ses sens : il s'en alla vers la forêt, (et) se glissa sous une double cépée issue d'un même tronc, un olivier sauvage et un olivier cultivé. Ni la force humide des vents qui soufflent n'y pénétrait, ni jamais le soleil brillant ne les transperçait de ses rayons, ni la pluie ne les traversait... C'est sous leur abri qu'Ulysse se cacha ... et il se fit une couverture de feuilles.

L'union des deux oliviers lui construit un "chez lui" dans cet ailleurs inconnu.

  "Pour une littérature de l'olivier" Costanza Ferrini

(texte extrait des chroniques de La Bibliothèque de midi)

 

 

 

 

 

On ne m'avait pas dit

Que l'olivier était mon grand-père

Ses bras ridés couverts de rugueuse peau,

Un visage lumineux un fixer obscur.

Il me reconnaît même de loin

Il secoue ses branches et frémissent ses feuilles

On dit que grand-père l'avait planté avant sa mort.

Autant vigoureux dans le tronc, autant délicieux le parfum

Ses petites feuilles jamais sans un grand sourire ...

On ne m'avait pas dit que c'était mon grand-père

Ses feuilles argentées brûlaient pour moi comme de l'encens.

 

L'Oliver amer  -  Mehmet Yashin

 

 

 

 

 

Il pensait aux oliviers, à leurs branches presques minérales, à leurs troncs presque humains. Ils avaient un feu intérieur et semblaient parler dans la lumière du matin.

Francesco BIAMONTI

 

 

 

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Le célèbre Commissaire Montalbano d'Andrea Camilleri cherche la solution des crimes auxquels il est confronté sous un olivier. Sa méthode est très simple : il abandonne sa pensée, qui, sous l'arbre, semble retrouver son issue.

 

 

 

  

 

Clair et léger est l'arbre dans l'air.

Et pourquoi au plus profond du coeur

Sa beauté nous touche, tu ne le sais pas,

Nous ne le savons pas,

L'olivier ne le sait pas.

Fines feuilles, maigres rameaux, troncs creux

Racines tordues, fruit petit,

Et voici qu'un Dieu ineffable

Resplendit dans sa pâleur.

 

Gabriele d'Annunzio

 

 

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Avec son feuillage argenté,

Ses longs bras puissants et racés,

Son tronc sombre qui se partage

Dans le souci de l'héritage

Des nouvelles générations,

Il va quêter avec passion

L'oxygène vers les hauteurs

Et l'eau dans les profondeurs

D'une terre pauvre et avare

Assoiffée d'une pluie trop rare.

Ainsi ce compagnon si sobre

Des bords méditerranéens

Pourra survivre fier et probe,

Traverser l'histoire, serein.

 

  Plume

 

 


 

 

Bel olivier, cher compagnon de mon enfance !

Par tous les temps, tu m'as toujours offert défense

Dans le chagrin, contre l'ennui et les offenses.

Je venais m'abriter dans les creux de la hanche.

Tu balayais ma peine d'un revers de ta branche.

Et dans le vent filtré, j'écoutais ma revanche.

Tu prenais du soleil la chaleur qui endort,

Tu laissais à tes pieds se répandre ses ors.

Qu'il était doux s'étendre à l'ombre de tes stores !

Sur ton tronc torturé, tes souples branches dansent

Et leur mêlée nous cache, en battant la cadence,

Si celle qui finit là, de ce côté commence.

Roi de l'aride steppe, tu en fais champs fertiles.

Car tu es arbre et comment l'arbre peut-il

Etre si beau quand ciel et terre lui sont hostiles ?

Quant à ton sol la soif fait que l'herbe se meurt,

On laboure à l'entour, comme fait le semeur

Pour couler dans ta sève les nuées de la mer.

Et les feuilles d'argent sur les rameaux posées

Recueillent du matin les gouttes de rosée

Et rangent de riches perles en collier d'épousée.

Tu éclairas le monde, ses temples, ses chemins.

Tu es l'arbre du pauvre, tu adoucis son pain.

Sans toi serait brouet le banquet des rupins.

Dans ma pensée tu es présent à tous mes âges.

Dans les jardins, dans la forêt, dans le pacage.

Tous mes chemins passèrent à travers ton bocage.

Tu es l'arbre du peuple, des princes et des morts,

Mais au fond de mon âme qui là-bas rôde encore,

Tu es de ma jeunesse le plus beau des décors.

 

André Laperrousaz

 

 

 

 

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Les cheveux gris, quand jeunesse les porte,

Font doux les yeux et le teint éclatant ;

Je trouve un plaisir de la même sorte

A vous voir, beaux oliviers du printemps.

 

La mer de sa fraîche et lente salive

Imprégna le sol du rivage grec,

Pour que votre fruit ambigu, l'olive,

Contienne Vénus et Cybèle avec.

 

Tout de votre adolescence chenue

Me plaît, moi qui suis le soleil d'hiver,

Et qui, comme vous, sur la rose nue,

Penche un jeune front de cendres couvert.

 

Jean Cocteau

 

 

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Quand Wangari Maathai était petite, les montagnes qui entouraient la ferme de ses parents, au centre du Kenya, étaient toutes habillées de vert. Des figuiers, des oliviers, des crotons, des flamboyants poussaient sur la terre, et l'eau pure des rivières regorgeait de poissons...

Lorsqu'on l'envoya étudier dans un collège en Amérique, loin, très loin de chez elle, Wangari garda au fond de son coeur la beauté de son Kenya natal. Là-bas, elle étudia la biologie, la science des choses vivantes. C'était passionnant ! Elle apprit à ne pas penser seulement à elle-même, mais à toutes les créatures qui peuplent la terre. Comme beaucoup de jeunes de l'époque, elle rêvait de rendre le monde meilleur. C'est avec enthousiasme et le coeur plein d'espoir qu'elle retourna au Kenya, riche de tout ce qu'elle avait appris.

Elle n'était partie que cinq ans et, pourtant, c'est à peine si elle put reconnaître le paysage, tant il avait changé. Des arbres avaient été abattus, le lit de la rivière était sec et il n'y avait plus ni grenouilles ni têtards, ni oeufs. Avant, les villageois faisaient pousser sur leur lopin de terre ce dont ils avaient besoin pour manger. Désormais, presque toutes les cultures étaient destinées à la vente. Les gens allaient acheter leur nourriture dans les magasins. Comme tout coûtait cher, ils mangeaient moins bien qu'avant, et les enfants comme les adultes s'affaiblissaient. Beaucoup tombaient malades.

A la place des montagnes boisées où paissaient jadis des vaches et des chèvres, il n'y avait plus désormais que des champs. Presque tous les arbres avaient été coupés pour faire place aux cultures, et les femmes et les enfants devaient aller chercher du bois pour le feu de plus en plus loin. Parfois, ils marchaient des heures avant de trouver un arbre ou un buisson. Et chaque fois qu'ils en coupaient un, la terre se dénudait un peu plus. Sans arbres, il n'y avait plus d'ombre ni de racines pour fixer la terre et empêcher l'érosion.

Le sol se desséchait et se transformait en poussière qui s'envolait au vent. La pluie lessivait la terre, qui souillait les rivières autrefois limpides ... les gens ne prenaient plus soin de la terre, et désormais, le sol, affaibli, souffrant, ne pouvait plus les nourrir, de sorte que leur vie devenait de plus en plus dure. Les femmes se fâchaient, accusaient le gouvernement, mais Wangari n'aimait pas se plaindre. Elle voulait agir ... Elle avait une idée simple, mais grande.

 "Pourquoi ne pas planter des arbres ?" suggera-t-elle. Elle montra aux femmes comment récolter des graines sur les rares arbres qui restaient debout et leur expliqua comment préparer la terre en la mélangeant avec du fumier. Elle leur apprit à arroser le sol, à faire un trou dedans avec un bâton et à y glisser les semences. Mais surtout, elle leur apprit à soigner les pousses comme des bébés, en les arrosant deux fois par jour pour les aider à prendre des forces.

Ce n'était pas facile. On avait du mal à trouver de l'eau. Les femmes étaient souvent obligées de creuser de grands trous à la main et de descendre au fond pour hisser les seaux trop lourds sur leur tête et ressortir. Dans l'une des pépinières, toutes les pousses moururent. Mais Wangari ne se laissa pas décourager, et son exemple apprit aux autres à ne pas renoncer.

Beaucoup de femmes ne savaient ni lire ni écrire. Elles savaient seulement élever leurs enfants et cultiver les plantes, et personne ne les prenait au sérieux. Mais on peut planter des arbres sans être allé à l'école. Et on peut se passer de l'aide du gouvernement. Elles n'avaient besoin de personne pour changer leur vie. Tout cela demandait beaucoup de travail. Mais les femmes se sentaient fières d'elles-mêmes.

Peu à peu, autour d'elles, leurs efforts commençaient à porter des fruits. Les bois et les forêts repoussaient. Désormais, lorsqu'elles coupaient un arbre, elles en plantaient deux à la place. Leurs familles se nourrissaient des fruits de leurs plantations, et les jardins donnaient à nouveau des ignames, du manioc, des pois d'Angole et du sorgho. Le travail les rapprochait, elles ne faisaient plus qu'une, comme les arbres qui repoussaient ensemble sur les flancs des montagnes.

Voyant de quoi étaient capables leurs épouses, leurs mères, leurs soeurs et leurs filles, les hommes furent emplis d'admiration et se joigirent à elles. Wangari donna des pousses aux écoles et apprit aux enfants à créer leurs propres pépinières. Elle confia des pousses aux détenus des prisons et même aux soldats...

Et c'est ainsi que, depuis le début du mouvement créé par Wangari, trente millions d'arbres ont été plantés au Kenya, et ce n'est pas fini ! "Quand la terre est nue, explique Wangari, elle se retrouve sans défense et appelle au secours. Elle demande qu'on la rhabille. C'est sa nature. Il lui faut de la couleur, il lui faut ses habits de verdure !"

 

 

Extrait du livre "Mama Miti la mère des arbres" de Claire A. Nivola, qui raconte l'histoire vraie de Wangari Maathai, première femme africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix en 2004, parce qu'elle avait su établir le lien entre le développement de son peuple et la richesse de l'environnement naturel de son pays (dont fait partie l'olivier)

 

 

  

 

 

L'olivier en France

En France, l'olivier est apparu il y a très longtemps sous sa forme sauvage mais il faut attendre les Grecs et les Phéniciens, vers 600 ans avant J-C pour que sa culture débute dans nos régions du sud. Commencée à Marseille, sa culture s'est étendue peu à peu à tous les départements et terroirs ayant les conditions climatiques adaptées. L'olivier se plaît entre le 25ème et le 45ème degré de latitude. Aujourd'hui, la France compte 15 000 hectares d'oliveraies réparties sur 1 400 communes et 13 départements. 830 millions d'oliviers sont cultivés dans le monde, 90 % de ces arbres sont répartis sur le pourtour méditerranéen . On estime à 7 millions d'arbres le patrimoine oléicole français dont un peu plus de la moitié seulement cultivée. La production française est faible puisqu'elle est en moyenne de 2500 tonnes pour l'huile d'olive (3,5 % de la consommation) et de 2000 tonnes pour les olives de table. la consommation totale d'huile d'olives en France ne cesse d'augmenter depuis le début des années 1980 et représente 1 litre par habitant et par an (contre 10 litres dans certains pays qui nous environnent).

 

 

 

 

Symbole de la sagesse,
Emblème de la Grèce,
Il verdoie dans l'aridité.
Tout autour de la Méditerranée,
Il procure l'ombre,
Quand le soleil inonde
Ces régions de toute sa puissance.
Sa fragrance
Sert aux huiles et aux parfums.
Quand Athéna l'offrit aux Athéniens,
Ils le choisirent aux dépends de la source salée de Poséidon,
Car du soleil, il filtre les rayons.
Lorsque Jésus se fit proclamer roi des juifs,
C'est avec des rameaux d'oliviers,
Que fut acclamé,
Le futur Sisyphe.
Symbole de longévité et d'espérance,
Il repousse au milieu des pires souffrances,
Lorsque le soufre a tout détruit,
Une jeune pousse a rejailli.
Il est choisi par Dieu à l'intention de Noé,
Pour lui signifier son pardon,
L'histoire va pouvoir continuer,
L'olivier symbolise la rédemption.
L'olivier est aussi couronne de victoire,
Il coiffe ceux qui rentrent dans l'histoire,
Lorsqu'ils triomphent aux jeux olympiques,
Au cours d'épreuves athlétiques.
Il est symbole de force,
Lorsque les héros s'efforcent,
De remporter la victoire,
Et d'acquérir la gloire.
Il est symbole de fidélité,
Car c'est en bois d'olivier,
Qu'est construit le lit du couple d'Ithaque :
Pénélope résista à toutes les attaques.
Symbole de la sagesse,
Emblème de la Grèce,
Il verdoie dans l'aridité
Tout autour de la Méditérranée.

 

Thibault SEIFFERT

 

 

 

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L'olivier doit sa symbolique à une puissance de végétation exceptionnelle. Cet arbre à feuilles persistantes possède une longévité hors du commun. Malgré le feu ou le gel, même si son tronc est détruit, l'olivier repousse inlassablement, fidèle à la vie, tourné vers la lumière. Les oliviers vivent de nombreux siècles et la beauté sereine des sujets matures, leur magnifique tronc noueux soulignent cette impression de force et de sagesse qui nous touche tant.

 

 

 

 

 

Si l'olive se souvient de son planteur

Son huile se transformera en larmes

Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps

Pour vous deviendra un habit de protection.

On va éplucher les épines par nos cils

Et on va couper la tristesse

Et l'enlever de notre terre.

L'olivier conservera sa couleur verte à jamais

Et rentrera dans la terre comme une arme.

 

     Mahmoud Darwich

 

 

 

   

 

Si seulement il y avait un tout petit peu de vent ! Quand il court entre les branches des oliviers, il fait un bruit semblable à celui de la mer, des vagues !   Giuseppe GIRONDA

 

 

 

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A l'ombre d'un olivier

Ta mère t'attendra

A l'ombre d'un olivier

Avec un bol de lait

Et une poignée de figues

 

Tu iras jusqu'à la source

De tes ancêtres

Te laver les pieds

De toute trace

De voyage

 

Tu monteras sur le toit

De notre maison

Et tu attendras

Le réveil du soleil

 

Tu jetteras des pépites

De rêve aux oiseaux

Qui iront les semer

Aux quatre coins du monde.

 

Mohamed El JERROUD

 

 

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Dans l’éclat vernissé des poussières
Et des sentes de pierres,
Dans l’ocre aridité de la terre ancestrale,
Quand le sol asséché se convulse à forer
Les sources des racines,
S’élance aux aplats de lumière
La fourberie tenace de la sève

 

Olivier maculé du suint lourd des troupeaux
Et des laines graisseuses,
Olivier vitriolant l’arrogance de l’ordre,
Olivier scarifié des affres de bouture,
Ton indifférence séculaire s’émonde
D’un tremblé d’aube lente
D’une ligneuse effervescence de torsades et de branches
Qui émascule l’arpentage de tes plants
Dans le noueux de tes plaies divergentes

 

Le temps d’avant le temps s’avilit
De tes ultimes fleuraisons
Pour l’émergence frugifère du retour des saisons.
Rameau de la colombe sur l’Arche de Noé
Tu fructifias l’alliance de l’homme et du pardon.

 

Des soutes phéniciennes aux rives de la Crète
Du val de la Bekka aux plaines almoravides
Et de Kalamata aux confins de l’Attique,
Tu conquiers les pays de la mer du milieu
Et l’huile de ton fruit dans l’ombre des amphores
S’insinue au mortier des cryptes Pharaoniques

 

Des dieux archaïques tu fus la joute jalouse
Quand la fourche du tronc, de Pallas le don,
Supplanta le trident du vain Poséidon.
Et de l’Unique
Tu recueillis l’angoisse sans sommeil
Comme le basilic le sang du Golgotha

 

Les terrasses conquises aux pentes des maquis
Par la sueur et l’effort des hommes de patience
Ont cerné l’oléastre aux rebelles frissons
Pour l’ardeur de la meule et le secret des lampes

 

Arbre tutélaire de notre vain passage
Tu prolonges le geste de t’avoir semé
Au-delà de nos morts pour la magnificence
De nos gloires de cendre et de la terre aimée.

 

Alain Hanquez

 

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L'olivier est sacré,
L'olivier c'est...
Un aigle majestueux
Qui vole au-dessus des montagnes aux mille visages !

 

Il vole dans les cieux
Comme un aigle fougueux.
Ses feuilles d'ivoire
Se reflètent sous le soleil.

 

Sans l'olivier, la terre
Ne serait que poussière.
Il nous offre la gaieté
Tout ça, c'est l'olivier.

 

L'olivier de Lili

(Elève de l'école primaire de Mézel)

 

 

 

 

 

Je t'admire tous les jours
Tu es là, au milieu de la cour
Patient, fort, gigantesque
Tu éparpilles tes branches
Sans crainte, ni peur
Tu supportes fièrement les oiseaux
Les pigeons, les chats et même les hommes
Tu es mon ami, mon courage
Et ma force dépendent de toi
Tu es l'olivier de mon pays.

 

Wafah Hmid - 14 ans
Collège Ramla - Gaza - Palestine

 

 

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L'olivier cultivé possède un tronc de plus en plus torturé avec l'âge, qui peut être très avancé, plus de 3000 ans chez certains sujets vivant en Palestine, en Grèce et en Sicile. Capricieux, il met près de 20 ans avant de fructifier, puis ne produit des olives qu'un an sur deux, quelles que soient les conditions climatiques.

  

  

  

  

Quarante oliviers
Au milieu des genêts
Dans la douleur et la tristesse
Attendent de nouveaux jours.

 

De nouveaux jours où,
Dans la pauvreté,
Plusieurs paysans viendraient
Prêts à redonner vie à ces arbres sans couleurs.

 

Et ces arbres en échange de ces quelques soins,
Sont prêts à, gouttes à gouttes,
Leur donner de leurs biens,
Libres de leur douleur.

 

Les Paysans et l'olivier d'Allissia (Elève de l'école primaire de Mézel)

 

 

  

  

    

L'olivier, comme nous, aime les joies profondes, celles qui vont par delà la surface des faux-semblants et des bonheurs d'apparat. Comme nous, il répugne à la facilité. Contre toute logique, c'est en hiver qu'il porte ses fruits, quand la froidure condamne à mort tous les autres arbres. C'est alors que les hommes s'arment et les femmes se parent pour aller célébrer avec lui les rudes noces de la cueillette. Il pleut, souvent il neige, quelquefois il gèle. Pour aller jusqu'à lui, il faut traverser la rivière et la rivière en hiver se gonfle. Elle emporte les pierres, les arbres et quelqufois les traverseurs. Mais qu'importe ! Cela ne nous a jamais arrêtés ; c'est le prix qu'il faut payer pour être de la fête. Le souvenir émerveillé que je garde de ces noces avec les oliviers de l'autre côté de la rivière ne s'effacera de ma mémoire qu'avec les jours de ma vie.

Mouloud Mammeri (1917-1989)

 écrivain, anthropologue et linguiste algérien

 

 

 

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Car les houles des siècles,
et leurs tempêtes et leurs horreurs,
en vain mêlent les peuples, effacent les frontières :
la terre maternelle, la Nature,
nourrit toujours ses fils
du même lait, sa dure mamelle
toujours à l'olivier donnera l'huile fine...

 

Frédéric Mistral

 

 

 

 

 

Quand j'étais tout petit, je jouais, puis j'avais faim. Ma mère taillait alors une plate tartine de pain, elle la saupoudrait de sel, elle l'arrosait d'huile, par un large huit de la burette penchée, elle me disait "mange". Ce sel, il me suffisait de humer le vent odysséen : il était là avec l'odeur de la mer ; ce pain, cette huile, les voilà tout autour dans ces champs de blé vert dessous les oliviers.

Jean Giono (ouverture de Manosque-des-Plateaux)

C'est avec le nez que Giono établit une connexion avec le vent, c'est avec la bouche qu'il goûte sa terre, la fait devenir sa propre peau, jusqu'à la transformer en nourriture. Tu m'as nourri de ces collines, écrit-il en s'adressant à sa mère.

 

 

 

 

 

 

L'olivier, cet arbre mythique
Est vraiment magnifique ;
Il paraît magique, fantastique, féerique...
C'est un drôle de loustic !

 

L'olivier me fait rêver,
Avec ses feuilles argentées
Et ses olives dorées.
Il semble dur à réveiller
Quand la neige vient le saupoudrer.

 

Alors je lui parle à l'oreille
Et tout n'est plus pareil !
Je suis emporté au pays des merveilles,
Puis sous son charme je m'éveille.

 

L'olivier de Matiss

(Elève de l'école primaire de Mézel)

 

 

 

 

 

 

Ce temps des olives ! Je ne connais rien de plus épique. De la branche d'acier gris jusqu'à la jarre d'argile, l'olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, entasse sa lourde eau noire dans les greniers, et les vieilles poutres gémissent sous son poids de nuit. Sur le bord de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans le village, tout notre monde assemblé chante... ça, c'est le temps de la cueillette, le temps où l'on trait l'arbre comme on ferait pour traire une chèvre, là, mains à poignées sur la branche, le pouce en l'air, et puis cette pression descendante. Mais au lieu de lait, c'est l'olive qui coule ...

Jean Giono (Poème de l'olive)

 

 

 

 

 

Levées avant l'aube, vêtues de leurs plus beaux atours et fardées, les pieds chaussés de cette sorte de babouches hautes et souples de couleur écarlate ornementées de dessins noirs, parées de tous leurs bijoux, les femmes se rendaient aux champs. Toutes les femmes aiment le temps des olives, car c'est celui où elles peuvent sortir. Elles rentraient aux étoiles, éreintées mais heureuses.

Fadhma Amrouche (femme berbère)

 

 

 

 

C'est de l'argent, tantôt plus bleu, tantôt verdi, bronzé, blanchissant sur terrain jaune, rose violacé ou orangeâtre, jusqu'à l'ocre rouge sourd. Mais fort difficile, fort difficile. Van Gogh

 

 

 

 

Sous les rameaux d'argent que le Mistral lutine,

Tout un peuple à genoux, lentement s'agglutine

Pour cueillir pieusement un ancestral trésor.

 

Alors, tu jailliras, belle huile de lumière,

Sous l'étau du pressoir et la dent de la pierre,

Ô, sang de l'Olympie, nectar aux reflets d'or !

 

Maurice Roux

 

 

  

 

Au bord du mur de pierres, pousse un vieil olivier.
Qui l’a planté ? Depuis combien d’années ?
Personne ne le sait ! Il vit d’éternité !

Son tronc brun et ridé, torturé par le temps,
Se partage et se tord, éclate et se fend.
Son coeur devient un nid où se cachent le soir,
Les animaux craintifs qui tremblent dans le noir.
Bien ancré dans le sol, résistant comme un phare,
Il défie l’ennemi, dans cette terre avare.

Le mistral vole et court, bouscule ses ramures,
S’amuse à retrousser l’argent de sa parure,
Et ses feuilles vernies, par le vent traversées,
S’accrochant aux rameaux, tentent de résister.
On entend doucement, dans son branchage creux,
Murmurer ou pleurer l’âme de nos aïeux.

Sous l’assaut de l’orage, tendant ses bras puissants,
Il enfile des perles qu’il boit avidement.
Si le soleil le brûle, il ourle avec prudence
Ses atours d’un gris bleu, pointus comme des lances.
Et quand l’automne vient frangé de pourpre et d’or,
Il est fier de garder son précieux décor.

A l’orée de l’hiver, tel un sapin en fête,
Il se pare de fruits à la robe violette,
Que l’araignée relie par ses fils sensuels,
Créant, dans le soleil, un arbre de Noël.
Promesse d’huile d’or aux presses des moulins,
Il se grise de vent, de thym, de romarin.

C’est l’arbre vénéré dans la douce Provence,
Car il incarne en lui bon nombre de croyances.
Symbole de la paix, de la longévité,
Nos aïeux le plantaient quand un enfant naissait.

 

Nelly BAGARRE

(3ème prix du concours de poésie 2010 Fédération du Var)

 

 

 

  Olivier-06.jpg

 

Je suis née d'un silence

Entre la mer et l'olivier

Le mystère d'une étoile errante

Me protège de moi-même

Je suis née d'un silence

Entre la mer et l'olivier

Du rythme des vagues

Et de l'enfance de la lumière.

 

Amina Saïd

 

 

 

 

 

Des pointes de mer argentées pénétraient dans le ciel comme répondant à l'appel des oliviers ...                    Francesco BIAMONTI

 

 

 

 

 

 

Généreux, les oliviers donnent une huile merveilleuse,

l'homme n'ayant qu'à presser pour la savourer.

 

 

 

 null

 

L'olive a le goût de l'oubli, la saveur des larmes. Léonardo Sinisgalli

 

 

       huile Olive 01 
    
       Huile-Olive-03.jpg
      

 

   Huile-Olive-02.jpg

 

 

La nourriture que je préfère, c'est l'huile d'olive et le thym.   Mahmoud Darwich

 

 

 

  http://frontpage.woodland-trust.org.uk/ancient-tree-forum/atfgallery/galleryartists/jf/crete_large.jpg

 

 

 

   Mes sources pour cet article :

 

  • Le site de Jean-Loup de Sauverzac, Artiste, photographe & plasticien, chargé de concevoir, organiser & promouvoir un concours photo pour la défense et la gloire de l'Olive de Tunisie : Rubrique Textes et infos sur l'olive
  • L'olivier et sa culture, le site de Gerbeaud.com
  • Tout savoir sur l'olivier, le site de Patrick Dubroca.free.fr
  • Le livre Arbres de Michel Viard éditée par La Maison Rustique Flammarion
  • Le livre Mama Miti la mère des arbres Prix Nobel de la paix, de Claire A.Nivola, Edition Le Sorbier
  • La Sainte Bible, version Louis Segond Docteur en Théologie Edition 1969 La Société Biblique
  • Le poème de Manon sur l'olivier, trouvé sur le site : nouvelle-poésie.com
  • Le poème de Plume sur l'oliver, trouvé sur le site : mytexte.com
  • Le poème d'André Laperrusaz, trouvé sur le site : lycéecarnotdetunis.com
  • Le poème de Jean Cocteau, trouvé dans L'arbre en poésie Edition Folio Junior
  • Le poème de Thibault Seiffert trouvé sur le site : textebook.exionnaire.com
  • Le poème de Ahmed Ben yessef trouvé sur le site : poesiesansfrontières.blog50.com
  • Le poème de Alain Hanquez trouvé sur le site : poésie.webnet.fr
  • Les poésies des élèves de l'école primaire de Mezel trouvés sur le site : oléiculteurs.com
  • Le poème de Wafa Hmid, jeune palestinienne de 14 ans trouvé sur le site : blog.solivr.fr
  • Extrait d'un poème de Frédéric Mistral, trouvé sur le site : vivance.ch
  • Poème de Nelly Bagarre, trouvé sur le site : ainesruraux.org

 

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Par Clairedelune - Publié dans : Auprès de mon arbre
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