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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 19:53

Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai toujours des envies de verdure qui me trottent dans la tête, et comme je n'ai pas de jardin, je m'en vais souvent randonner en pleine nature. Là, je trouve mon bonheur, bien sûr ! Mais je n'ai pas toujours le temps ou la possibilité de le faire et c'est là qu'interviennent les aptitudes de jardinier, cette fameuse main verte. A l'intérieur, tout va bien, mes sept plantes ont leurs habitudes et leur vert me réjouit l'oeil. C'est au dehors que cela se gâte ! Il ne se passe pas une année sans que je fasse des tentatives de plantations sur mon balcon, qui se soldent parfois par de magnifiques fleurs colorées, mais le plus souvent par de décevants échecs : transplantations de lavandes sauvages, de lierre, d'euphorbes, de chèvrefeuille, de bambous ou de buis, qui ont fini par périr, à plus ou moins longue échéance, de la sècheresse de l'été, du vent omniprésent dans ma région, des attaques de pucerons ou de mon absence ... Pourtant, au bout d'un moment, j'oublie mes mésaventures et  les nouvelles tentatives fleurissent : ce serait tellement dommage de ne pas inviter la nature sur mes balcons !

 

 

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 Avoir la main verte  : être habile à cultiver les plantes

 

 

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La main verte

Moi, j’ai la main verte,
Je fais tout pousser :
Je plante une mine,
Il pousse un crayon.
Je taille mon cahier,
Il tombe des  feuilles.
J’arrose une image,
Un livre boutonne.
Je sème une ampoule,
Il germe une lampe.
Je rempote l’alphabet,
Quelques mots bourgeonnent.
Je greffe ces mots,
Une phrase prend racine.
Moi, j’ai la main verte,
Je fais tout pousser :
J’ai planté des lettres,
Il pousse une comptine.

Michel Boucher (En voir de toutes les couleurs)

 

 

 

Solitude... Pour vous cela veut dire seul,
Pour moi - qui saura me comprendre ?
Cela veut dire : vert, vert dru, vivace tendre,
Vert platane, vert calycanthe, vert tilleul.

Mot vert. Silence vert. Mains vertes
De grands arbres penchés, d'arbustes fous ;
Doigts mêlés de rosiers, de lauriers, de bambous,
Pieds de cèdres âgés où se concertent
Les bêtes à Bon Dieu ; rondes alertes
De libellules sur l'eau verte...

Dans l'eau, reflets de marronniers,
D'ifs bruns, de vimes blonds, de longues menthes
Et de jeune cresson ; flaques dormantes
Et courants vifs où rament les " meuniers " ;
Rainettes à ressort et carpes vénérables ;
Martin-pêcheur... En mars, étoiles de pruniers,
De poiriers, de pommiers ; grappes d'érables.
En mai, la fête des ciguës,
Celle des boutons d'or : splendeur des prés.
Clochers blancs des yuccas, lances aiguës
Et tiges douces, chèvrefeuille aux brins serrés,
Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes,
Et toujours, et partout, fraîche, luisante, calme,
L'invasion du lierre à petits flots lustrés
Gagnant le mur des cours, les carreaux des fenêtres,
Les toits des pavillons vainement retondus...
Lierre nouant au front du chêne, au cou du hêtre,
Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu
A la grive hésitante ; vert royaume
Des merles en habit - royaume qui s'étend
Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome
En nappes d'émeraude et cordages flottants...
Lierre de cette allée au porche de lumière
Dont les platanes séculaires, chaque été,
Font une longue cathédrale verte - lierre
De la grotte en rocaille où dorment abrités
Chaque hiver, les callas et les cactus fragiles ;
Housse, que la poussière blanche de la ville
Givre à peine les soirs de très grand vent - pour moi,
Vert obligé des vieilles pierres,
Des arbres vieux, des toits qui penchent, des vieux toits -

Un château ? Non, Madame, une gentilhommière,
Un ermitage vert qui sent les bois, le foin,
Où les bruits de la route arrivent d'assez loin
Pour n'être plus qu'une musique en demi-teintes.
Un train sur le talus se hâte avec des plaintes,
Mais l'horizon tout rose et mauve qu'il rejoint
Transpose le voyage en couleurs de légende.
On regarde un instant vers ces trains qui s'en vont
Traînant leur barbe grise - et c'est vrai qu'ils répandent
Un peu de nostalgie au fil de l'été blond...

Mais le jazz des moineaux fait rage dans les feuilles,
Les pigeons blancs s'exaltent, le cyprès
Est la tour enchantée où des notes s'effeuillent
Autour du rossignol. Du pré,
Monte la fièvre des grillons, des sauterelles,
Toutes les herbes ont des pattes, ont des ailes -
Et l'Âne et le Cheval de la Fable sont là
Et Chantecler se joue en grand gala
Jour et nuit dans la cour où des plumes voltigent.

Au clair de l'eau, c'est l'éternel prodige
Du têtard de velours devenu crapaud d'or,
De la voix de cristal parmi les râpes neuves
D'innombrables grenouilles. Le chat dort.
Dickette-chien s'affaire - et sur leur tête pleuvent
Des pastilles de lune ou de soleil brûlant.
S'il pleut vraiment, la pluie à pleins seaux ruisselants
S'éparpille de même aux doigts verts qui l'arrêtent.

Un tilleul, des bambous. L'abri vert du poète,
Du vert, comprenez-vous ? Pour qu'aux vieilles maisons
Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.
Douceur de l'arbre, de la mousse, du gazon...
Vous dites : Solitude ? Ah ! dans l'heure qui passe,
Est-il rien de vivant plus vivant qu'un jardin,
De plus mystérieux, parfumé, dru, tenace,
Et peuplé - si peuplé qu'il arrive soudain
Qu'on y discourt avec mille petits génies
Sortis l'on ne sait d'où, comme chez Aladin.

Un mot vert... Qui dira la fraîcheur infinie
D'un mot couleur de sève et de source et de l'air
Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,
Un mot désert peut-être et desséché pour d'autres,
Mais pour soi, familier, si proche, tendre, vert
Comme un îlot, un cher îlot dans l'univers ?...

Sabine Sicaud (Solitude)

 

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Vous vous tendez vers moi, vertes petites mains des arbres,
Vertes petites mains des arbres du chemin.
Pendant que les vieux murs un peu plus se délabrent,
Que les vieilles maisons montrent leurs plaies,
Vous vous tendez vers moi, bourgeons des haies,
Verts petits doigts.
Petits doigts en coquilles,
Petits doigts jeunes, lumineux, pressés de vivre,
Par-dessus les vieux murs vous vous tendez vers nous.
Le vieux mur dit : "Gare au vent fou,
Gare au soleil trop vif, gare aux nuits qui scintillent,
Gare à la chèvre, à la chenille,
Gare à la vie, ô petits doigts !
Verts petits doigts griffus, bourrus et tendres,
Vous sentez bien pourquoi
Les vieux murs, ce matin, ont la voix de Cassandre.
Petits doigts en papier de soie,
Petits doigts de velours ou d'émail qui chatoie,
Vous savez bien pourquoi
Vous n'écouterez pas les murs couleur de cendre ...
Frêles éventails verts, mains du prochain été,
Nous sentons bien pourquoi vous n'écoutez
Ni les vieux murs, ni les toits qui s'affaissent ;
Nous savons bien pourquoi
Par-dessus les vieux murs, de tous vos petits doigts,
Vous faites signe à la jeunesse !

Sabine Sicaud (Premières Feuilles)

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Qu'elles soient des oeillets de Nice
Des roses de Baccarat
Qu'elles soient tulipes, narcisses
Marguerites, lilas
Qu'elles soient modestes fleurs des champs
Ou qu'elles soient plantes vertes
Achetées ou offertes
Ou les deux en même temps
Qu'elles nous arrivent en boutons
Ou les pétales grands ouverts
Que je les mette sans façon
Dans un humble pot de terre
Ou dans le vase en cristal
Celui que l'on dit de Bohême
Dans un tout autre c'est égal
C'est toujours le même problème
Chez nous les fleurs ne tiennent pas
Ne tiennent pas
Nous n'avons pas la main verte
Pas la patience peut-être
Pour les connaître il faut du temps
C'est un peu comme avec les gens
Il faut savoir que l'une souhaite
Voir le soleil par la fenêtre
Il faut partager le secret
De celle qui veut vivre cachée
Nous n'avons pas la main verte
Aujourd'hui non, demain peut-être
Qu'on les mette sur la terrasse
Ou près de la cheminée
Enfin qu'on les change de place
Rien n'y fait
Qu'on les arrose tous les jours
Ou une fois par semaine
Que tu leur dises des mots d'amour
Des poèmes
Chez nous les fleurs ne tiennent pas
Ne tiennent pas
Nous n'avons pas la main verte
Coquelicots, pâquerettes
Fleurs des villes ou fleurs des champs
Anonymes ou aux noms savants
Chez nous vous perdez la tête
Vous n'êtes pas à la fête
On vous aime bien pourtant
C'est vraiment comme avec les gens
Nous n'avons pas la main verte
Le coeur y est mais pas la tête

Georges Chelon ( Chanson La main verte)

 

 

          http://www.designweek.co.uk/Pictures/web/q/d/e/Chris-Brown-Green-FInger_394.jpg

 

Bon d'accord, nous n'avons pas la main verte ! 

Et si on essayait la bague de verdure ... le jardin sur la main, insensé, non ?

 

 

http://medias.doctissimo.fr/medias-factory/m/mediabox/media/9/9/7/8799/8799.jpg

 

 

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commentaires

Lali 24/05/2011 16:17



C'est amusant...


De l'autre côté de l'Atlantique, ce n'est pas toute la main qui est verte, mais juste le pouce!



Présentation

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Vous pouvez retrouver la référence de chaque oeuvre, nom de l'artiste et titre de la toile ou de l'illustration, en pointant la souris sur la peinture ou l'image. Si vous en êtes propriétaire et ne souhaitez pas qu'elle figure dans ce blog, vous pouvez me le signaler par message sur contact (dans la rubrique présentation juste ci-dessus). Elle sera aussitôt enlevée. Les photos sans référence sont prises par Clairedelune, ou plus rarement, leurs auteurs n'ont pas été trouvés.

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